Netanyahu aux Juifs américains : ne me mettez plus la pression pour la zone mixte au mur Occidental
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Netanyahu aux Juifs américains : ne me mettez plus la pression pour la zone mixte au mur Occidental

Lors d’une vidéo-conférence à l’attention des leaders de la communauté juive, le Premier ministre a aussi demandé à Obama de ne pas soutenir d'initiative à l'ONU

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, au siège de l'ONU, le 22 septembre 2016. (Crédit : Jewel Samad/AFP)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu devant la 71e Assemblée générale des Nations unies à New York, au siège de l'ONU, le 22 septembre 2016. (Crédit : Jewel Samad/AFP)

WASHINGTON — Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a expliqué qu’il espérait que le président Barack Obama n’appuierait aucune nouvelle initiative de l’ONU concernant le processus de paix israélo-palestinien lors des dernières semaines de son mandat.

“J’espère véritablement que le président Obama va continuer la politique qu’il avait énoncée”, a indiqué mardi Netanyahu dans une vidéo retransmise à la fin de l’Assemblée Générale annuelle des Fédérations juives d’Amérique du nord qui s’est tenue à Washington.

Le Premier ministre israélien faisait référence à une déclaration faite en 2011 par Obama, dans laquelle le président affirmait qu’une résolution au conflit israélo-palestinien serait préférable si elle était déterminée par les parties en lice et non imposée par des acteurs agissant depuis l’extérieur.

En Israël et parmi certains groupes pro-israéliens, il existe une inquiétude portant sur la possibilité qu’Obama puisse soutenir dans les dernières semaines de son mandat une initiative de l’ONU qui viserait à reconnaître un état palestinien ou qui viendrait établir les paramètres nécessaires à un accord final entre les Israéliens et les Palestiniens. Obama n’a donné pour le moment aucune indication allant dans ce sens.

Netanyahu a expliqué que la détermination d’éventuels paramètres « ne ferait que durcir les positions palestiniennes, et viendrait faire reculer la paix, ferait reculer la paix de plusieurs décennies. »

Dans cette vidéo-conférence, le Premier ministre a exprimé également sa conviction selon laquelle les relations entre Israël et les nations du monde sont amenées à gagner en chaleur.

Selon lui, les Nations unies deviendront bientôt un lieu plus amical envers l’état Juif dans un avenir proche.

Netanyahu a souligné une série d’avancées diplomatiques, dont une réunion avec un ministre issu du gouvernement du Vietnam, des visites programmées dans les semaines à venir au Kazakhstan et en Azerbaidjan — deux pays musulmans – ainsi qu’à Singapour, et des séjours organisés en Australie puis aux îles Fidji. Ces déplacements sont, a-t-il expliqué, les signes d’une amélioration de l’image du pays dans l’arène internationale.

« Je vous dis qu’il ne faudra pas plus qu’une décennie – et beaucoup moins, cela est également possible – avant que la majorité automatique contre Israël à l’ONU ne disparaisse, et Israël bénéficiera enfin d’une audience équitable là-bas », a-t-il déclaré.

« Maintenant, cela n’arrivera pas dès demain. Mais cela arrivera, et plus tôt plutôt que plus tard”.

Richard Sandler, président du conseil d’administration des JFNA, a interrogé Netanyahu sur le statut d’un accord en Israël visant à permettre la création d’une zone de prières mixte au mur Occidental, où les hommes et les femmes pourraient se recueillir ensemble.

La question – et l’éloge fait par Sandler de Netanyahu pour ses tentatives visant à faire avancer la prière égalitaire – ont suscité les applaudissements des quelque 3 000 dirigeants communautaires juifs et laïcs de l’auditoire.

Des activistes juifs libéraux pénètrent sur le site du mur occidental en portant des rouleaux de Torah le mercredi 2 novembre 2016 (courtesy)
Des activistes juifs libéraux pénètrent sur le site du mur occidental en portant des rouleaux de Torah le mercredi 2 novembre 2016 (courtesy)

Le Bureau de la JFNA avait envoyé un courrier cette semaine à Netanyahu exprimant “un sens de l’urgence croissante’ face à ce problème parmi les Juifs américains, alors qu’une solution est actuellement bloquée dans les tribunaux par les intérêts orthodoxes en Israël.

Selon les termes de l’accord annoncé au mois de janvier et approuvé par le cabinet dans un vote qui avait drainé 15 voix pour son approbation contre 5, la section égalitaire du mur, à proximité de l’arche de Robinson, était étendue et placée sous l’autorité d’un comité pluraliste. Le plan appelait également à renforcer le contrôle des ultra-orthodoxes sur la section traditionnellement orthodoxe du site.

Mais les partenaires religieux étaient revenus sur les termes de cette convention et au mois de juin, un groupe d’organisations juives orthodoxes avaient lancé une pétition auprès de la Cour Suprême israélienne pour empêcher la création d’une section égalitaire.

Netanyahu a expliqué que la situation était “compliquée” et a appelé à ce que les Juifs américains cessent de lui infliger une pression publique.

« Parfois, vous avez besoin d’une diplomatie sereine entre les Juifs et les Arabes », a-t-il dit.

« C’est un exemple de situation où nous avons besoin d’une diplomatie sereine entre Juifs et Juifs. Cette attitude sera bien préférable pour trouver l’unité que nous sommes en train de chercher ».

Chemi Peres, fils de l'ancien président israélien Shimon Peres, a pris la parole lors de l'Assemblée générale annielle des Fédérations juives d'Amérique du nord, le 15 novembre 2016. (Crédit : Ron Sachs)
Chemi Peres, fils de l’ancien président israélien Shimon Peres, a pris la parole lors de l’Assemblée générale annielle des Fédérations juives d’Amérique du nord, le 15 novembre 2016. (Crédit : Ron Sachs)

Chemi Peres, un fils de Shimon Peres, fondateur d’Israël et longtemps dirigeant du pays décédé au mois de septembre, s’est également adressé en personne à l’auditoire avant la prestation de Netanyahu.

Peres a provoqué les applaudissements de la foule lorsqu’il a salué Barack Obama et Hillary Clinton, la candidate démocrate qui s’est inclinée face à Donald Trump la semaine dernière. Ses voeux de réussite au président Trump ont quant à eux provoqué l’hilarité.

Peres, en souhaitant bonne chance à Trump, a fait allusion aux inquiétudes que son père avait exprimé avant son décès, celle que l’insularité choisie par Trump – ses appels durant sa campagne prônaient un recul de l’influence américaine – serait préjudiciable au monde et à Israël.

“Ce partenariat entre nous – entre Israël et les Nations unies – a été toujours de la plus grande importance aux yeux de mon père”, a-t-il expliqué. “Lui, qui avait travaillé avec 11 présidents, avait vu l’Amérique en tant que nation qui s’était élevée à la grandeur en donnant, et non en prenant, et dont le soutien à Israël était sans parallèle possible ».

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