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Ontario : Un cinéma critiqué pour avoir « annulé » un festival de films juifs

Le Playhouse Cinema affirme que la décision de reporter le festival a été prise pour des raisons de sécurité, mais la fédération juive affirme que le cinéma a cédé à des menaces

Playhouse Cinema à Hamilton, dans l'Ontario, au Canada, le 20 mars 2024. (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Playhouse Cinema à Hamilton, dans l'Ontario, au Canada, le 20 mars 2024. (Crédit : Capture d'écran YouTube)

JTA – Un cinéma canadien a déclaré qu’il reportait un festival de films juifs, malgré les objections de la fédération juive locale, en raison de « problèmes de sécurité et de sûreté en cette période particulièrement sensible ».

Le Playhouse Cinema de Hamilton (PCH), dans l’Ontario, a déclaré mardi dans un communiqué qu’il avait décidé au cours du week-end de reporter le Festival du film juif de Hamilton, qu’il devait accueillir en avril. Le cinéma a déclaré avoir pris cette décision « après avoir reçu de nombreux courriels, appels téléphoniques et messages sur les réseaux sociaux concernant la sécurité et la sûreté ».

La déclaration du PCH, publiée sur les réseaux sociaux, ne fournit pas de détails sur la nature des problèmes de sécurité, et le cinéma n’a pas répondu aux demandes de commentaires à l’heure où nous mettons sous presse.

Mais cette déclaration survient alors que le monde des arts est secoué par les protestations suscitées par la guerre entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas. L’un des films projetés, « The Boy », est un court métrage sur la vie à la frontière entre Israël et Gaza. Il a été réalisé par Yahav Winner, qui a été assassiné lors de l’assaut du Hamas le 7 octobre en même temps que 1 200 autres Israéliens. 253 autres ont été enlevés et emmenés de force à Gaza ce jour-là.

Un porte-parole de la Fédération juive d’Hamilton (HJF), qui s’était associée au PCH pour le festival, a déclaré à la Jewish Telegraphic Agency qu’elle était « profondément consternée » par la décision, que le cinéma a prise de son propre chef.

« Cette décision, prise en réponse à quelques plaintes et courriels de menace concernant la programmation de notre festival, qui comprend des films israéliens, est profondément décevante », a déclaré la HJF dans son communiqué. « Nous pensons que cette action représente une occasion manquée d’engager la communauté du Grand Hamilton dans un événement culturel significatif, particulièrement dans le sillage de la montée alarmante de l’antisémitisme ces derniers temps. »

La HJF a ajouté que la décision de reporter le festival « n’était pas partagée et a été prise uniquement par le Playhouse Cinema ». Elle a également précisé « qu’il n’y a pas eu de menaces ou d’incidents spécifiques qui ont justifié l’annulation du festival ».

La HJF a déclaré qu’elle continuerait à organiser le festival « plus tard au printemps » dans ses propres locaux, sans la participation du cinéma.

Bien que le communiqué du PCH ne mentionne pas la guerre, il survient alors que le débat sur les combats s’est étendu au monde des arts et de la culture. Les espaces juifs et les institutions culturelles dirigées par des Juifs ressentent de plus en plus la montée de l’activisme pro-palestinien et des attitudes antisémites, et des artistes et auteurs juifs ont vu leurs événements annulés. Des événements présentant des artistes palestiniens ou des points de vue pro-palestiniens ont également été annulés.

Les manifestations ont eu des répercussions sur les festivals de cinéma en Europe et en Amérique du Nord. Le mois dernier, un festival du film israélien à Barcelone a été contraint de changer de lieu en raison d’une campagne de harcèlement. En novembre, une actrice-réalisatrice israélo-américaine a été exclue d’un festival de Stockholm.

Le Canada a également connu des tensions autour de la guerre. Au cours des derniers mois, deux théâtres canadiens ont annulé la production prévue d’une pièce sur un sauveteur médical israélien, et un syndicat d’étudiants d’une université de Colombie-Britannique a failli voter une mesure demandant la fin de la présence d’un centre Hillel de la région sur le campus. En février, une manifestation organisée en Ontario à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes a été annulée en raison des critiques formulées à l’encontre d’une cycliste canadienne qui avait servi dans l’armée israélienne. Cet événement a ensuite été purement et simplement annulé.

Cette semaine, le Parlement canadien a failli voter une mesure qui aurait reconnu la Palestine en tant qu’État, mais la demande a été retirée à la dernière minute. Les groupes juifs canadiens ont tout de même critiqué l’adoption de la motion, qui comprenait des appels non contraignants à un cessez-le-feu, la poursuite du financement d’un groupe d’aide aux réfugiés des Nations unies dont les employés avaient des liens avec le Hamas et l’interdiction des ventes d’armes canadiennes à Israël.

Deborah Lyons, envoyée spéciale du Canada pour la préservation de la mémoire de la Shoah et la lutte contre l’antisémitisme, a déclaré mercredi que le report du festival de Hamilton « rappelait l’Allemagne des années 1930, lorsque la propagande haineuse anti-juive et l’exclusion des Juifs du monde des affaires et de la culture ont conduit au massacre de six millions de Juifs européens, alors que la majorité des citoyens restaient silencieux ».

Outre « The Boy », le festival avait programmé « Women in Sink », un court métrage sur un salon de coiffure de la communauté arabe chrétienne de Haïfa, et « L’homme de la cave« , un drame français moderne sur le négationnisme.

Dans son communiqué, le cinéma affirme son engagement général en faveur de la diversité. « La mission du Playhouse Cinema est d’être un foyer d’accueil pour une variété de groupes culturels, au service de la région d’Hamilton par le biais de notre programmation cinématographique et en proposant notre salle à la location. » Parmi les films actuellement proposés par le cinéma figure le drame sur la Shoah « Une vie ».

Sur les réseaux sociaux, les Juifs ont critiqué la décision du cinéma de reporter le festival.

« Si le Playhouse Cinema a été choqué de recevoir des menaces pour avoir accueilli un événement juif, attendez qu’il sache ce que c’est que d’être Juif au Canada », a écrit Joe Roberts, président du groupe sioniste progressiste Meretz Canada, sur X.

« Chaque fois que nous annulons un événement juif pour des raisons de sécurité, nous donnons du pouvoir à ceux qui utilisent les menaces, l’intimidation et le terrorisme », a posté Brian Dijkema, président juif du groupe de réflexion canadien non partisan Cardus, basé à Hamilton, sur X.

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