Risquant d’être limogé, Smotrich s’excuse d’avoir traité Netanyahu de « faible »
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Risquant d’être limogé, Smotrich s’excuse d’avoir traité Netanyahu de « faible »

Le ministre des Transports a déclaré que ses critiques étaient déplacées ; Ayelet Shaked a rebaptisé la Droite unie qui devient Yamina et dit briguer le poste de Premier ministre

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich au lancement de la campagne électorale de l'alliance politique Yamina, à Ramat Gan, le 12 août 2019. (Crédit : Flash90)
Le ministre des Transports Bezalel Smotrich au lancement de la campagne électorale de l'alliance politique Yamina, à Ramat Gan, le 12 août 2019. (Crédit : Flash90)

Le ministre des Transports Bezalel Smotrich a présenté lundi ses excuses pour sa diatribe contre le Premier ministre Benjamin Netanyahu sur Twitter, alors même que le Likud, parti du chef du gouvernement, a déclaré que Smotrich serait limogé du cabinet s’il ne revenait pas sur ses propos.

Smotrich a attaqué dimanche Netanyahu au sujet de la fermeture temporaire du mont du Temple aux visiteurs Juifs en pleine journée de Tisha Be’Av sur fond d’affrontements et au sujet d’une décision de justice interdisant à la municipalité d’Afula d’organiser une performance musicale où hommes et femmes seraient séparés la semaine prochaine, dans un parc public. Il a ensuite accusé Netanyahu d’être « faible » et de ne faire preuve « d’aucun leadership » face à « l’activisme judiciaire ».

Netanyahu aurait été excédé par ces remarques et aurait envisagé de limoger Smotrich, mais après un entretien lundi, le ministre des Transports a conservé son poste et son siège au sein du cabinet de sécurité.

« A cause d’un profond chagrin, des choses déplacées ont été dites, et particulièrement au regard de la relation entre un Premier ministre et un ministre du gouvernement, et pour cela, je suis désolé », a déclaré Smotrich lors du lancement de la campagne électorale de l’alliance de la Droite unie.

Smotrich a déclaré que si la critique du Premier ministre est légitime, elle ne devrait pas prendre des tournures d’attaques personnelles. « J’accepte cela », a-t-il dit.

Saluant la longévité record de Netanyahu au poste de Premier ministre, et le décrivant comme « le leader de la droite », Smotrich a assuré que son parti a toujours soutenu le Premier ministre et continuerait à le faire. Il a toutefois promis de ne pas se retenir s’il sentait qu’une critique était nécessaire.

« Quand il doit être critiqué, nous le critiquerons, et personne, et je dis bien personne, même sous la menace, ne fera taire ces critiques », a-t-il dit.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive à la réunion hebdomadaire du cabinet à Jérusalem, le 14 juillet 2019. (RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

Après les excuses de Smotrich, le Likud a diffusé un communiqué indiquant que Netanyahu avait dit à Smotrich, pendant leur entretien de lundi, que s’il ne présentait pas ses excuses, il serait renvoyé. Smotrich a été nommé ministre des Transports en juin pour le gouvernement intérimaire de Netanyahu.

« Le Premier ministre a été clair sur le fait qu’il n’y aura pas d’autre avertissement », a déclaré une source au sein du parti.

Malgré les excuses à Netanyahu, Smotrich a critiqué de manière implacable le système juridique, qui a interdit l’organisation d’un concert séparé à Afula, l’accusant de « faire preuve de mépris » du judaïsme et des Juifs religieux.

« C’est une décision qui tente d’imposer, sur moi et sur des centaines d’autres citoyens du pays, une rééducation selon des valeurs ‘modernes et libérales' », a-t-il dit.

Ayelet Shaked, la cheffe de l’alliance de la Droite unie, a également pris la parole au lancement de la campagne, et a annoncé que l’alliance sera désormais appelée Yamina, ce qui signifie en hébreu « vers la droite »

Yamina est composé des partis HaYamin Hahadash de Shaked, HaBayit HaYehudi du ministre de l’Education Rafi Peretz et Union nationale de Smotrich.

Shaked, qui a pris les commandes de HaYamin Hahadash des mains de Naftali Bennett le mois dernier, après l’échec du parti à dépasser le seuil électoral aux élections nationales d’avril, a déclaré qu’elle briguait le poste de Premier ministre.

« J’entre dans le champ de bataille politique, et je vise aussi haut que je peux – la direction de ce pays », a-t-elle dit.

Shaked a précédemment déclaré qu’elle espérait être Premier ministre, tout comme Bennett.

Ayelet Shaked au lancement de la campagne électorale de l’alliance politique Yamina, à Ramat Gan, le 12 août 2019. (Crédit : Flash90)

Tout en reconnaissant les différences qui opposent les partis membres de Yamina, Shaked a déclaré qu’ensemble, ils sont plus forts.

« Nous sommes conscients que ce n’est qu’ensemble que nous pouvons préserver la tradition et les enseignements d’Israël face à l’alliance cynique entre [Avigdor] Liberman et [Yair] Lapid », a-t-elle dit, en référence, respectivement, au chef du parti Yisrael Beytenu et au numéro 2 de Kakhol lavan, qui font campagne sur l’opposition à l’influence religieuse sur les institutions publiques.

Lapid et Liberman ont tous deux été des cibles de la campagne de Netanyahu, après que ce dernier a empêché le Premier ministre de former une majorité à l’issue des élections d’avril. Liberman a refusé d’intégrer une coalition de Netanyahu à moins qu’un texte légiférant les exemptions militaires pour les étudiants en yeshiva ne soit adopté sans amendements, ce qui a été rejeté par les alliés ultra-orthodoxes du Premier ministre.

Shaked et Bennett n’ayant pas réussi à intégrer la Knesset, et Liberman ayant refuser de rejoindre un gouvernement Netanyahu, le Premier ministre a demandé un nouveau vote fin mai, pour éviter qu’un autre député soit chargé de former une coalition.

Les prochaines élections sont donc prévues pour le 17 septembre.

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