Shmuel Shapira : Le vaccin COVID-19 israélien est retardé par la bureaucratie
Rechercher

Shmuel Shapira : Le vaccin COVID-19 israélien est retardé par la bureaucratie

Selon Shmuel Shapira, de l'Institut de recherche biologique du ministère de la Défense, le vaccin ne sera disponible qu'en été et aura des effets secondaires "très mineurs"

Des flacons d'un éventuel vaccin contre le coronavirus sur une chaîne de montage, à l'Institut israélien de recherche biologique, le 25 octobre 2020. (Crédit : Ministère de la défense)
Des flacons d'un éventuel vaccin contre le coronavirus sur une chaîne de montage, à l'Institut israélien de recherche biologique, le 25 octobre 2020. (Crédit : Ministère de la défense)

Le vaccin contre le coronavirus produit en Israël ne sera prêt à être distribué au public qu’au cours de l’été 2021, a déclaré lundi le directeur de l’institut qui le fabrique, se plaignant que la surréglementation et un manque de soutien gouvernemental suffisant ont causé des retards importants dans son processus d’essai.

Quelque 15 millions de doses de ce vaccin, appelé Brilife, sont en cours de production. Contrairement à ceux fabriqués par les concurrents internationaux Pfizer, Moderna et AstraZeneca, il est administré en une seule dose, selon le professeur Shmuel Shapira, directeur général de l’Institut israélien de recherche biologique du ministère de la Défense.

S’exprimant lors d’une réunion de la commission des Sciences et des Technologies de la Knesset, Shapira a exprimé de rares critiques à l’égard du gouvernement pour avoir signé des accords pour des millions de vaccins avec des entreprises non israéliennes, qui sont bien en avance sur le calendrier vers un vaccin.

« Il y a une tendance à respecter les entreprises dont la langue maternelle est l’anglais ou parfois le russe », a-t-il déclaré, faisant également référence à un vaccin russe pour lequel Israël a signé un accord d’achat, mais qui a été confronté à des préoccupations concernant son processus opaque d’essai et d’approbation.

« Je pense qu’il y a un très bon travail, responsable et sans considérations financières », a déclaré Shapira à la commission parlementaire. « Nous serions heureux d’obtenir le même soutien que les entreprises géantes qui gagnent 30 fois plus que nous. »

« Si nous n’avions pas été confrontés à une surréglementation, nous aurions fait plus de progrès », a-t-il déploré. « Nous étions déjà censés être en phase III des essais cliniques, et maintenant nous n’atteindrons cette étape qu’en avril. »

Il a ajouté que les essais de phase III seront réalisés en dehors d’Israël en raison de contraintes réglementaires.

Le ministre de la Défense Benny Gantz (à gauche) s’entretient avec le directeur de l’Institut de recherche biologique, le professeur Shmuel Shapira, au laboratoire de Ness Ziona, le 6 août 2020. (Ariel Hermoni/Ministère de la Défense)

« Nous disposons d’un vaccin efficace et sûr, et notre intention est de fabriquer 15 millions de doses », a-t-il déclaré, ajoutant que l’essai du vaccin sur 80 personnes avait révélé des effets secondaires « très mineurs ». Il n’a pas dit quels étaient les effets secondaires.

« Nous avons terminé les essais de la phase I il y a cinq jours et nous prévoyons de commencer la phase II dans les dix jours », a-t-il ajouté. « Notre vaccin est à portée de main. Je suis convaincu que ce sera le vaccin des citoyens d’Israël. »

Brilife, un nom composé du mot hébreu pour santé – bri’ut – et vie en anglais, a été décrit par les responsables comme un plan de secours pour compléter les vaccins achetés aux firmes pharmaceutiques basées à l’étranger, qui prévoient de commencer à distribuer des doses dans les prochains mois voire plus tôt.

Le système d’essai en trois phases utilisé par la Food and Drug Administration américaine et adopté dans le monde entier est conçu pour tester la sécurité et l’efficacité de tout vaccin potentiel. Le processus de développement et de test d’une thérapie prend normalement des années, voire des décennies, et une approbation pour un usage à l’été 2021, quelque 18 mois après le début de la pandémie, serait parmi les plus rapides de l’histoire.

La première phase de l’essai clinique de Brilife a impliqué quelque 80 volontaires âgés de 18 à 55 ans. La deuxième phase consistera à tester environ 1 000 volontaires âgés de 18 à 85 ans dans huit hôpitaux du pays. Les volontaires présentant des pathologies préexistantes seront autorisés à participer à cette phase.

Si ce groupe plus important réagit bien au vaccin, des injections seront alors faites à quelque 30 000 personnes en avril ou mai 2021. Si le vaccin fonctionne bien et qu’il n’y a pas d’effets secondaires importants, il sera alors autorisé à être utilisé au sein de la population générale.

Le mois dernier, le ministère de la Défense a annoncé qu’Israël avait commencé à produire en masse le vaccin potentiel contre le coronavirus et prévoyait de le distribuer aux Israéliens et aux Palestiniens si son utilisation était approuvée.

Le volontaire Anar Ottolenghi reçoit une dose de vaccin contre le coronavirus développé par l’Institut israélien de recherche biologique à l’hôpital Hadassah Ein Kerem de Jérusalem, le 1er novembre 2020. (Autorisation)

L’Institut de recherche biologique, qui opère sous les auspices du ministère de la Défense sur les questions liées à la guerre chimique et biologique, a déclaré avoir utilisé des techniques de pointe pour créer son vaccin.

Israël a réservé ou dépensé environ 1 milliard de shekels pour l’achat de vaccins à l’étranger.

Dans le cadre de l’accord passé entre le pays et Pfizer, Israël doit recevoir 8 millions de doses du vaccin, ce qui permettra de vacciner 4 millions d’Israéliens. L’accord avec Moderna prévoit l’achat de 2 millions de doses, soit assez pour un autre million. La population du pays est de plus de 9 millions d’habitants.

Lundi, Moderna a déclaré qu’il demanderait aux autorités réglementaires américaines et européennes d’autoriser l’utilisation en urgence de son vaccin contre la COVID-19, les résultats de nouvelles études ayant confirmé que les vaccins offraient une forte protection.

Israël est en phase finale de négociations avec le géant pharmaceutique britannique AstraZeneca pour l’achat de « millions » de doses de son vaccin, qui est actuellement à l’essai, a annoncé vendredi le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Toutefois, ce vaccin est confronté à des retards après avoir admis que des recherches supplémentaires étaient nécessaires suite à des erreurs commises lors des essais.

Un vaccin est considéré comme le meilleur espoir de briser le cycle d’infections et contre les restrictions sévères imposées dans une grande partie du monde depuis que la COVID-19 est apparue pour la première fois en Chine à la fin de l’année dernière.

Les niveaux d’infection en Israël sont en train de remonter alors que le pays émerge progressivement de son deuxième confinement national.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...