Tsahal frappe à nouveau le Liban ; le nord d’Israël en proie à des incendies
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Tsahal frappe à nouveau le Liban ; le nord d’Israël en proie à des incendies

Les pompiers ont maîtrisé un incendie mais un second persiste, obligeant un kibboutz à fermer ; Israël envisage une riposte plus sévère mais craint de nuire au tourisme local

Des incendies  sur la crête de Ramim près de Kiryat Shmona, à la frontière israélo-libanaise, en fin de journée le 4 août 2021. (capture d'écran : Twitter)
Des incendies sur la crête de Ramim près de Kiryat Shmona, à la frontière israélo-libanaise, en fin de journée le 4 août 2021. (capture d'écran : Twitter)

L’armée israélienne a renouvelé ses frappes de représailles sur des cibles militaires au Liban mercredi en fin de journée, en réponse à des tirs de roquettes qui ont déclenché des incendies qui ravageaient encore des collines boisées dans le nord d’Israël une dizaine d’heures plus tard.

Les avions de chasse israéliens ont visé les zones frontalières libanaises d’où provenaient les tirs de roquettes, ainsi que d’autres infrastructures terroristes, a indiqué l’armée. L’armée de l’air a également frappé un site qui a été utilisé pour tirer des roquettes sur Israël dans le passé.

La chaîne de télévision Al-Manar, affiliée au Hezbollah, a rapporté que les avions israéliens ont frappé une zone dans la banlieue de la ville d’Aishiya, dans le sud du Liban.

« Les attaques de Tsahal vont se poursuivre et même s’intensifier face aux attaques terroristes contre l’État d’Israël et ses citoyens », a déclaré l’armée dans un communiqué.

Tsahal a déclaré qu’elle tenait « le pays du Liban » pour responsable des attaques provenant de son territoire souverain.

Du côté israélien de la frontière, les pompiers luttaient toujours contre les incendies provoqués par deux des trois roquettes tirées depuis le Liban peu après midi mercredi. La troisième est retombée en territoire libanais.

La crête de Ramim, à l’ouest de la ville septentrionale de Kiryat Shmona, était encore envahie par les flammes tard dans la nuit, ce qui a conduit les autorités à ordonner le bouclage de l’entrée du kibboutz Margaliot situé à proximité.

Un deuxième incendie à l’intérieur de Kiryat Shmona a été maîtrisé plus tôt dans la journée, mais les deux incendies ont déjà détruit des centaines d’hectares de forêt et de broussailles, selon les médias israéliens.

Un porte-parole des services de secours et d’incendie a confirmé que l’incendie de la crête de Ramim était toujours en cours à minuit.

Les habitants de Kiryat Shmona ont reçu un message de la ville indiquant que l’incendie ne menaçait pas les maisons situées en bas de la colline.

Mais un responsable local a déclaré à la radio de l’armée que les autorités craignaient que le feu ne saute la ligne de feu vers Kiryat Shmona.

« L’incendie n’est toujours pas maîtrisé. Il était très difficile pour nous de l’atteindre en temps réel, et il a réussi à se propager », a déclaré Benny Ben-Muvhar, chef du conseil régional de Mevoot Hermon.

Une vidéo montre l’impact d’une des roquettes à quelques centaines de mètres d’un supermarché Shufersal, à la limite nord-est de Kiryat Shmona, près du cimetière de la ville.

« J’étais en train de vaquer à mes occupations quand soudain, il y a eu une sirène et un impact, les deux en même temps », a déclaré un habitant du quartier à la chaîne publique Kan. Il a déclaré que la roquette « est tombée à 200 mètres de nous ».

La deuxième roquette a apparemment frappé la colline de Ramim.

On ignore pourquoi le système antimissile du Dôme de fer, qui avait déjà été déployé dans la région, n’a pas été activé pour intercepter les tirs de roquettes.

Des incendies sur la crête de Ramim derrière des maisons à Kiryat Shmona le 4 août 2021. (Crédit : Dikla Attiyah/Municipalité de Kiryat Shmona)

L’attaque n’a pas fait de victimes, mais le service médical d’urgence Magen David Adom a pris en charge quatre personnes pour des crises d’angoisse.

Israël a riposté en tirant une centaine d’obus d’artillerie sur le Liban en trois salves au cours de la journée de mercredi.

Un responsable de l’armée libanaise a déclaré que l’armée ne ferait aucun commentaire avant la fin de l’enquête. Un responsable de l’armée a déclaré à Reuters que le bombardement israélien avait déclenché un incendie près de la ville de Rashaya al-Fokha.

Les responsables israéliens envisageaient d’étendre la riposte militaire mercredi, mais craignaient que l’embrasement n’empêche les visiteurs de se rendre dans le nord au plus fort de la saison touristique, a rapporté le diffuseur Kan.

Asaf Langleben, responsable de la sécurité civile de la région de Galilée, a déclaré à la radio de l’armée que ces tirs de roquettes surviennent en pleine saison touristique.

« C’était une surprise pour nous, mais pas quelque chose que nous pensions impossible à réaliser », a-t-il déclaré.

Si les autorités n’ont pas émis d’instructions spéciales pour les résidents et ont déclaré que les activités pouvaient se poursuivre normalement, Kiryat Shmona a ouvert des abris anti-bombes publics par précaution. Des habitants de la ville ont déclaré à la Douzième chaîne que les tirs de roquettes avaient déjà réussi à faire fuir les gens.

« Il n’y a personne dehors, vous pouvez le voir, dans tout Kiryat Shmona. Nous avons quelques touristes, que nous attendons toute l’année », a déclaré Shimon Dahan, résident du quartier, à la télévision.

Aucun groupe n’a revendiqué la responsabilité des tirs de roquettes.

Des traînées de fumée s’élèvent dans les villes d’Ibl Al-Saqi et de Kfar Hamam, dans le sud du Liban, suite à des bombardements des forces israéliennes, le 4 août 2021. (Crédit : Mahmoud ZAYYAT / AFP)

Selon les médias israéliens, les responsables de la défense israélienne pensent que ce sont des groupes palestiniens armés locaux qui ont tiré les roquettes, et non le groupe terroriste chiite du Hezbollah.

Les médias, sans source et probablement sur la base de fuites d’évaluations militaires, indiquent que Jérusalem considère que les groupes ont agi sans même l’accord tacite du Hezbollah, bien que la Treizième chaîne ait rapporté qu’Israël pense que le groupe mandataire iranien est suffisamment puissant pour limiter les tirs de roquettes s’il le souhaite.

Les États-Unis se sont prononcés contre les tirs de roquettes mercredi.

« Nous condamnons catégoriquement les tirs de roquettes provenant de groupes armés basés au Liban et dirigés vers Israël », a déclaré Ned Price, porte-parole du département d’État.

« Israël a le droit de se défendre contre de telles attaques », a-t-il déclaré aux journalistes à Washington, ajoutant que les États-Unis resteraient engagés avec leurs partenaires « dans la région dans un effort de désescalade de la situation ».

Les forces de sécurité israéliennes à l’endroit où une roquette a atterri près de la ville de Kiryat Shmona, le 4 août 2021. (Crédit : David Cohen/FLASH90)

La FINUL, la force de maintien de la paix des Nations unies chargée de maintenir le calme le long de la frontière instable, a appelé les deux parties à « faire preuve de la plus grande retenue pour éviter toute nouvelle escalade, en particulier en ce jour anniversaire solennel« , en référence à l’explosion massive survenue dans un port de Beyrouth il y a exactement un an, qui a détruit de larges pans de la ville et que certains ont imputée à la négligence du Hezbollah.

Les tirs de roquettes depuis le Liban ont été extrêmement rares au cours des 15 années qui se sont écoulées depuis la deuxième guerre du Liban de 2006 qu’Israël a menée contre le Hezbollah, même s’ils ont été sporadiques. Ces derniers mois, cependant, on a constaté une légère augmentation, avec 10 tirs visant Israël pendant la guerre de 11 jours à Gaza en mai, ainsi que le mois dernier, ce qui fait craindre à certains que le phénomène ne devienne plus courant, comme cela s’est produit dans les zones situées à la frontière de Gaza.

Israël a fait savoir au Liban, par l’intermédiaire des soldats de la paix de l’ONU, qu’il pourrait intensifier sa riposte si le calme ne revenait pas à la frontière.

« Sans chercher à savoir qui a tiré les roquettes, il est clair que le gouvernement libanais porte l’entière responsabilité de tout tir sur le territoire de l’État d’Israël », a déclaré l’armée israélienne dans un communiqué en hébreu. « L’État libanais manque de contrôle sur les groupes terroristes qui opèrent sur son territoire ».

Emanuel Fabian a contribué à cet article.

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