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Un juge autorise la fouille des téléphones d’assistants de Netanyahu

Le juge admet des erreurs de procédure importantes, mais affirme que des éléments clairs laissent penser que les suspects sont impliqués dans le harcèlement d'un témoin

Ofer Golan, le directeur de la campagne du Likud et porte-parole de la famille Netanyahu, arrive à la résidence du Premier ministre à Jérusalem le 20 mars 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)
Ofer Golan, le directeur de la campagne du Likud et porte-parole de la famille Netanyahu, arrive à la résidence du Premier ministre à Jérusalem le 20 mars 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Mercredi, le tribunal de Tel Aviv a approuvé la fouille limitée des téléphones des assistants du Premier ministre Benjamin Netanyahu, même si le juge a souligné qu’il y avait eu des erreurs de procédure importantes dans la gestion de l’affaire par la police.

Cette dernière a en effet fouillé les téléphones du porte-parole du Likud Jonathan Urich et du directeur de campagne du parti, Ofer Golan, dans le cadre d’une enquête sur des accusations selon lesquelles d’importantes personnalités de la campagne de Netanyahu auraient harcelé Shlomo Filber. Cet ancien proche de Netanyahu avait mené la campagne électorale du Likud lors de l’élection de 2015 avant de témoigner contre le Premier ministre dans une affaire de corruption présumée.

Filber est un témoin clé de l’affaire 4000, dans laquelle Netanyahu est accusé d’avoir adopté des lois en faveur de Shaul Elovitch, actionnaire majoritaire de Bezeq, en échange d’une couverture médiatique positive par le site d’information Walla appartenant au géant des télécoms.

Filber était à l’époque directeur-général du ministère des Communications, que Netanyahu dirigeait sous l’œil minutieux des procureurs. Il a été arrêté et interrogé sur son implication dans cette affaire avant de devenir témoin de l’accusation.

Golan a été interrogé sous caution pendant le week-end. Il est soupçonné d’avoir donné l’ordre, en août, d’envoyer une camionnette équipée de hauts-parleurs devant le domicile de Shlomo Filber qui l’accusaient notamment d’avoir menti pendant l’enquête pour incriminer Netanyahu et le taxaient de « traître », a fait savoir la Treizième chaîne.

Le porte-parole du Likud, Jonatan Urich, s’exprime lors d’une réunion de la commission centrale électorale à la Knesset, le Parlement israélien à Jérusalem, le 3 avril 2019. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans son communiqué de mercredi, le juge Ala Masarwa a approuvé les fouilles, mais a ordonné qu’elles soient menées sous étroite supervision judiciaire.

« Il y a effectivement eu des erreurs dans la conduite de l’enquête contre les suspects de cette affaire », a déclaré Masarwa.

Dans sa décision, le juge a dressé la liste des failles de l’enquête : « Tout d’abord, la fouille et la saisie des téléphones avant d’obtenir un mandat du tribunal » étaient des erreurs majeures, a-t-il écrit.

Ensuite, le juge accepté l’argument de la défense selon lequel les suspects auraient dû être informés de leur droit de refuser cette procédure.

Enfin, Masarwa a indiqué que cette mesure des enquêteurs était en « décalage non spécifié vis-à-vis des limites et des fonctions de la fouille ».

Les enquêteurs ont mené une fouille des téléphones mal organisée et « improvisée », a-t-il écrit, alors qu’elle aurait dû se limiter aux éléments pertinents concernant l’affaire de harcèlement.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu arrive à la rencontre annuelle du Comité des Gouverneurs à Jérusalem le 28 octobre 2019. (Noam Revkin Fenton/Flash90)

Le juge a toutefois noté que les documents d’enquête ont conduit à une suspicion raisonnable et forte – à savoir, que les suspects ont été impliqués dans un projet visant à harceler un témoin.

« Les mandats de fouilles demandés peuvent contribuer à faire avancer l’enquête et mettre en lumière l’ampleur de l’implication des suspects et celle d’autres personnes », a-t-il écrit.

« Même après avoir pris en compte les manquements aux droits des suspects et les erreurs de procédure dans l’enquête, j’ai décidé, après délibération, d’accepter la requête des policiers pour obtenir des mandats de fouille mesurés qui offrent une possibilité de fouille ‘chirurgicale’ et bien définie, sous étroite supervision judiciaire ».

Les avocats des assistants devraient faire appel de la décision.

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