Israël en guerre - Jour 232

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Une ex-otage de Gaza dit avoir été enlevée par des civils armés et vendue au Hamas

En Europe pour sensibiliser le monde à ce que vivent les otages, Nili Margalit affirme que son expérience d'infirmière lui a permis de soigner des otages dans d'effroyables conditions

Nili Margalit participant à l'émission Uvda de la Douzième chaîne le 4 janvier 2024. (Crédit : Capture d'écran de la Douzième chaîne)
Nili Margalit participant à l'émission Uvda de la Douzième chaîne le 4 janvier 2024. (Crédit : Capture d'écran de la Douzième chaîne)

Une otage israélienne enlevée lors de l’assaut barbare du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre a déclaré lundi qu’elle avait été capturée par des civils palestiniens armés qui l’ont ensuite vendue au groupe terroriste palestinien au pouvoir à Gaza.

Les révélations de Nili Margalit, dans une interview accordée au journal français Le Point, semblent mettre en évidence la mesure dans laquelle la participation à l’attaque, au cours de laquelle près de 1 200 Israéliens ont été tués et 253 autres pris en otage, s’est étendue au-delà des terroristes du Hamas.

Margalit a raconté son histoire lors de son passage à Paris dans le cadre d’une tournée européenne visant à sensibiliser l’opinion publique quant au sort des 133 Israéliens toujours en captivité.

Margalit se trouvait dans sa maison du kibboutz Nir Oz, à la frontière de Gaza, lorsque des milliers de terroristes palestiniens ont fait irruption de l’autre côté de la frontière peu après l’aube. Comme beaucoup d’autres, elle s’est réfugiée dans le mamad – abri anti-atomique – de sa maison avant que les voisins ne commencent à lui envoyer des messages indiquant que des terroristes s’étaient infiltrés dans leur localité, comme elle l’a rappelé dans l’interview.

Vers 9 heures du matin, des terroristes ont pénétré dans la maison de Margalit, saccageant l’intérieur et mettant le feu à la construction. Ils l’ont rapidement trouvée cachée dans son mamad.

Celui-ci n’était pas fermé à clé, ce qui a permis aux assaillants de l’ouvrir facilement. Cette porte non verrouillée lui a peut-être sauvé la vie. « Ceux qui s’étaient barricadés dans les [mamadim] sont morts parce que les terroristes ont tiré à travers les portes et y ont mis le feu », a-t-elle expliqué. Dans le cas de Margalit, les terroristes ont simplement ouvert la porte de la pièce sécurisée avant de juger nécessaire de tirer.

Des dégâts causés par les terroristes du Hamas, au kibboutz Nir Oz, le 19 octobre 2023. (Crédit : Erik Marmor/Flash90/Dossier)

Cette femme de 42 ans a été traînée à l’extérieur et recouverte d’un drap blanc alors qu’elle était entourée de ce qu’elle a décrit comme des « civils armés de kalachnikovs ». Elle a été forcée de monter dans une voiturette de golf et conduite à la frontière sud avant d’être transférée dans une voiture et conduite à Khan Younès, ville située au sud de la bande de Gaza.

Là, ses ravisseurs civils « ont négocié avec le Hamas pour me vendre ». « Lorsqu’ils ont été payés, j’ai été emmenée directement dans un tunnel », a-t-elle expliqué.

Au départ, Margalit a été emmenée dans une zone où se trouvaient une trentaine d’autres personnes, dont beaucoup étaient des amis et des voisins de Nir Oz.

« Les hommes avaient le visage tuméfié et les jambes blessées après avoir été traînés sur une moto », a-t-elle raconté.

Des Palestiniens de la bande de Gaza entrant dans le kibboutz Kfar Aza, lors de l’assaut barbare du groupe terroriste palestinien du Hamas sur le sud d’Israël le 7 octobre 2023. (Crédit : Hassan Eslaiah/AP Photo)

Les otages ont été répartis en petits groupes, dont un composé de personnes âgées de plus de 70 ans. « J’ai dit que j’étais infirmière aux urgences », a expliqué Margalit.

Elle a finalement été placée dans une petite pièce avec une dizaine d’autres personnes, sous la surveillance de quatre geôliers. Entassés les uns sur les autres, ils recevaient de petites rations quotidiennes de riz et de pain, causant des problèmes gastriques chez certains otages.

« Plusieurs otages n’avaient pas leurs lunettes, leurs appareils auditifs ou manquaient d’oxygène. J’étais leurs yeux et leurs oreilles pour qu’ils puissent trouver leur chemin dans les tunnels », a-t-elle poursuivi.

Margalit s’est efforcée de se maintenir en forme en faisant des exercices de yoga. Elle s’est occupée des autres otages, en particulier de ceux qui étaient âgés ou qui avaient besoin de médicaments.

L’un des ravisseurs, qui s’exprimait en arabe et dont les propos était traduits et relayés par un otage, a demandé les médicaments dont ils avaient besoin, mais ceux qui sont arrivés étaient insuffisants.

« Nous avons rapidement établi une routine : les patients devaient manger à la même heure, puis prendre leurs pilules à un autre moment », a-t-elle expliqué au journal Le Point. « Mais nous étions en rupture de stock. Nous avons appris après coup que le Hamas avait reçu de la Croix-Rouge des boîtes de médicaments et [des paires] de lunettes, envoyées en fonction des besoins de chaque otage. »

Les journées « étaient extrêmement longues » et les querelles étaient inévitables entre les captifs.

« Il y avait des cris, des pleurs [mais aussi] des rires. C’est normal quand on met dix personnes dans la même pièce, on est humain ! Mais nous nous sommes toujours soutenus. »

« Au début, je me suis dit que cela ne durerait que deux jours. Puis j’ai compris qu’Israël ne paierait jamais pour autant d’otages. Cela a déprimé certains d’entre nous. Il nous fallait tenir psychologiquement. Aider, c’était ma façon de survivre. »

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres (au centre), rencontrant les otages israéliennes libérées Moran Stela Yanaï (à gauche) et Nili Margalit, à Davos, en Suisse, le 18 janvier 2024. (Crédit : Forum des familles des otages et disparus)

Margalit a déclaré que les otages ignoraient largement ce qui s’était passé le 7 octobre, au-delà de leur propre enlèvement.

Elle a finalement été libérée de Gaza le 30 novembre 2023, dans le cadre d’une trêve négociée entre Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas qui a permis de libérer plus de 100 otages. Elle n’avait pas été prévenue de sa libération imminente.

Un garde est venu me chercher, m’a montrée du doigt et m’a dit : « Allez, allez », ne lui laissant pas le temps de dire adieu à ses compagnons d’infortune, à qui elle pense désormais tous les jours.

De retour en Israël, sa famille et ses amis lui ont rendu visite à l’hôpital où elle était en convalescence et l’ont peu à peu informée de ce qui s’était passé le 7 octobre. Au lendemain de sa libération, l’armée israélienne a confirmé la mort de son père, Eliyahu Margalit, dont le corps se trouve toujours à Gaza.

Margalit est actuellement en tournée en Europe pour faire campagne en faveur de la situation des otages restants.

« Libérer les otages, c’est la clé pour mettre un terme à cette guerre », a-t-elle insisté.

Pour sa part, elle a déclaré que sa reconstruction « commencera le jour où les otages seront dehors ».

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