Rechercher

Golknopf : sans une loi sur l’exemption militaire, le gouvernement « s’effondrera »

Alors que le Premier ministre traîne les pieds sur la question du service militaire pour les haredim, Yahadout HaTorah a déclaré qu'une coalition "alternative" pourrait être formée

Dossier : Le ministre du Logement et de la Construction Yitzchak Goldknopf participant à une conférence, à Tel Aviv, le 22 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Dossier : Le ministre du Logement et de la Construction Yitzchak Goldknopf participant à une conférence, à Tel Aviv, le 22 mars 2023. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Le ministre du Logement et de la Construction, Yitzchak Golknopf, chef du parti Yahadout HaTorah, a déclaré que la coalition du Premier ministre Benjamin Netanyahu pourrait s’effondrer si une loi qui exempte les membres de la communauté ultra-orthodoxe du service militaire n’est pas adoptée, dans des remarques qui seront publiées dans les médias haredim ce jeudi.

« Si le projet de loi [militaire] n’est pas adopté, le gouvernement s’effondrera », a déclaré Goldknopf dans une interview accordée à l’hebdomadaire Mishpacha. Ces remarques interviennent alors que les alliés ultra-orthodoxes de Netanyahu ont fait monter la pression ces derniers jours sur cette question qui les divise.

Les membres haredim de la Knesset ont profité du prochain vote sur le budget de l’État 2023-2024 à la fin du mois de mai pour faire avancer le projet de loi d’exemption du service militaire pour les ultra-orthodoxes. Le budget doit être adopté avant le 29 mai pour éviter la dissolution automatique de la Knesset, ce qui entraînerait des élections anticipées.

L’accord de coalition entre le Likud et Yahadout HaTorah stipule qu’une loi fondamentale consacrant l’étude de la Torah comme « une valeur fondamentale de l’héritage du peuple juif » et une législation autorisant des exemptions générales du service militaire pour les étudiants ultra-orthodoxes en yeshiva doivent être adoptées avant que le budget de l’État ne soit soumis au vote.

La demande de Loi fondamentale sur l’étude de la Torah vise à empêcher la Haute Cour de justice d’annuler la loi sur les exemptions générales, comme elle l’a fait à trois reprises dans le passé, au motif que ces exemptions violent le principe d’égalité entre tous les citoyens, puisque tous les autres hommes juifs sont tenus d’effectuer leur service militaire.

La coalition de Netanyahu (droite, religieux et extrême-droite) cherche à faire adopter une nouvelle loi qui abaisserait de 26 à 21 ans l’âge au-delà duquel les hommes sont exemptés du service militaire.

Alors que les soldats sont généralement enrôlés à partir de 18 ans, il semble que de nombreux étudiants en yeshiva restent dans des programmes d’études religieuses plus longtemps qu’ils ne le feraient s’ils n’avaient pas à esquiver le service militaire, en demandant des reports d’études jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de l’exemption définitive. Selon la dernière proposition de Netanyahu datant de la mi-avril, en abaissant l’âge de l’exemption définitive, le gouvernement espère inciter ces hommes haredim à quitter la yeshiva et à entrer dans la vie active à un âge plus jeune. L’âge actuel de l’exemption a empêché les étudiants de la yeshiva d’entrer sur le marché du travail avant l’âge de 26 ans, même s’ils n’étaient plus intéressés par la poursuite de leurs études religieuses.

L’armée s’oppose à une baisse aussi brutale de l’âge et les analystes estiment que les deux parties devront trouver un terrain d’entente.

Ces derniers jours, des politiciens ultra-orthodoxes ont déclaré que Netanyahu devait respecter l’accord de coalition, faute de quoi il risquait de perdre sa coalition.

« Contrairement à ce qu’il semble, des alternatives peuvent être mises en place », ont déclaré des responsables de Yahadout HaTorah à Mishpacha dans l’article à paraître, suggérant qu’une coalition alternative était possible, sans savoir pour l’instant avec quels partis.

Le député Moshe Roth (Yahadout HaTorah), a averti mardi que Netanyahu devrait prendre des mesures concrètes sur la question si le Likud veut obtenir le soutien du parti ultra-orthodoxe sur le budget de l’État. Ces mesures, a déclaré Roth, devraient probablement inclure la présentation d’un projet de loi sur la question, qui n’a pas encore été rédigé, ainsi qu’une déclaration sur le calendrier de l’adoption finale de la loi.

Le Likud a cherché à retarder l’adoption de la loi, craignant une nouvelle réaction de l’opinion publique s’il s’efforce de faire passer une législation impopulaire après avoir perdu un soutien important en raison de la manière dont il a fait avancer le processus législatif de la très controversée réforme du système judiciaire, qui a été mis en pause en vue de trouver un compromis avec l’opposition.

Dans le cadre du remaniement judiciaire envisagé par le gouvernement, les alliés ultra-orthodoxes de Netanyahu cherchent à finaliser une clause dite « dérogatoire » qui permettrait à la Knesset d’annuler toute décision que la Cour aurait invalidée avec une majorité simple de 61 députés. Une autre partie importante du paquet de réformes placera la plupart des nominations judiciaires sous contrôle politique.

Des ultra-orthodoxes affrontant la police alors qu’ils manifestent contre l’arrestation de membres de la communauté qui n’ont pas obtempéré à l’ordre de conscription militaire, à Jérusalem, le 29 septembre 2022. (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Les partis ultra-orthodoxes considèrent la clause dite « dérogatoire » comme une nécessité supplémentaire pour garantir que les exemptions de service militaire deviennent un élément permanent du droit israélien. Les opposants affirment que la réforme, qui transférera une grande partie du pouvoir judiciaire entre les mains du gouvernement, affaiblira radicalement le caractère démocratique d’Israël, supprimera un élément clé de l’équilibre des pouvoirs et laissera les minorités sans protection.

Alors que les frustrations s’accumulent sur ces questions, le ministre des Affaires de Jérusalem, Meïr Porush, également membre de Yahadout HaTorah, a déclaré que Netanyahu devait soit honorer l’accord, soit rentrer chez lui.

En début de semaine, des informations ont indiqué que les partis ultra-orthodoxes étaient revenus sur leurs exigences et avaient convenu que l’adoption du budget et la garantie de la stabilité du gouvernement constituaient le meilleur moyen pour eux d’adopter un projet de loi d’exemption militaire dans le courant de l’année.

Jeremy Sharon a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
S'inscrire ou se connecter
Veuillez utiliser le format suivant : [email protected]
Se connecter avec
En vous inscrivant, vous acceptez les conditions d'utilisation
S'inscrire pour continuer
Se connecter avec
Se connecter pour continuer
S'inscrire ou se connecter
Se connecter avec
check your email
Consultez vos mails
Nous vous avons envoyé un email à [email protected].
Il contient un lien qui vous permettra de vous connecter.