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Israël-Hamas : Les universités françaises aussi touchées par les tensions antisémites

Selon un sondage, 91 % des étudiants juifs de France disent avoir déjà été victimes d’un acte antisémite durant leur scolarité

Un large tag « Soutien a la lutte armée palestinienne » à l’université Lyon-II, le 11 octobre 2023, peu après l’attaque du Hamas contre Israël. (Crédit : UEJF)
Un large tag « Soutien a la lutte armée palestinienne » à l’université Lyon-II, le 11 octobre 2023, peu après l’attaque du Hamas contre Israël. (Crédit : UEJF)

Un étudiant juif français de l’université de Paris Nanterre a témoigné ce vendredi auprès du Figaro d’un antisémitisme qui prospère sur son campus.

« C’est assez simple, le matin lorsque j’arrive devant les bâtiments, je vois des inscriptions antisémites », telles « Israël tue », « Israël, état criminel », « Mort à Israël, mort aux juifs ». Il poursuit : « Lorsque je m’assois en amphi, je vois des croix gammées gravées sur les tables. Lorsque je veux écouter mon cours, je dois assister à des interventions d’étudiants pro-Palestine qui viennent nous expliquer que le Hamas a raison. » « Je me faisais déjà discret en tant que Juif mais désormais je rase les murs. Je fais en sorte de ne jamais être seul sur le campus parce que je trouve cela trop dangereux », explique-t-il.

Interrogé, Yonathan Arfi, président du CRIT, a déclaré que « Nanterre a toujours été un point chaud au sujet de l’antisémitisme dans le monde universitaire » et qu’il y régnait « une influence islamiste historique depuis les années 2000 chez les jeunes étudiants militants d’extrême gauche ». Il a conclu que « la responsabilité de la présidence et du corps enseignant doivent être mises au clair ».

Si l’université affirme soutenir ses étudiants juifs, elle dit être confrontée à « la question de la frontière entre la liberté d’expression et les propos à caractère antisémites ».

L’université avait déjà été confrontée à des tags antisémites par le passé.

À Lyon-II, une assemblée générale organisée par un groupe d’étudiants pro-Palestine a conduit à des débordements dans les couloirs du campus le 16 novembre.

« Tout le monde déteste les sionistes », « Palestine vivra, Palestine vaincra », a-t-on notamment pu entendre dans cette université, qui avait vu des tags « Soutien à la lutte armée palestinienne » et « Israël = colons » apparaitre peu après l’attaque du 7 octobre.

« J’étais dans ma salle de cours avec d’autres quand on a entendu des cris et des slogans violents contre les personnes aux idées sionistes. Puis, ils ont commencé à frapper sur les murs et sur les portes. J’ai eu vraiment peur qu’ils entrent », a témoigné un étudiant auprès de France 3 Régions. « Maintenant, je me demande si je vais me faire agresser ou pas. Une de mes amies m’a dit qu’elle allait cacher le fait qu’elle soit Juive. Ce n’est pas normal », a-t-il regretté.

« Ces interventions ont pu donner lieu à des propos ou postures incompatibles avec les valeurs et les missions du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche », a réagi l’université dans un mail envoyé à l’ensemble des étudiants. « Ces débordements sont le fait d’une infime minorité de nos étudiants et étudiantes ; ils n’en sont pas moins inacceptables. »

L’université avait déjà été le théâtre de tensions, notamment après la découverte des tags hostiles à Israël, mais aussi juste avant l’attaque du 7 octobre, avec la venue de la Palestinienne Mariam Abou Daqqa, membre du FPLP, groupe classé terroriste par l’Union européenne.

À Paris, plusieurs lycées ont eux connu des situations de blocage afin de soi-disant dénoncer la situation à Gaza.

Aussitôt après l’attaque du 7 octobre, la ministre de l’Enseignement supérieur, Sylvie Retailleau, avait demandé aux présidents d’universités et directeurs d’établissements d’enseignement supérieur de « prendre toutes les mesures nécessaires » pour « veiller au respect de la loi et des principes républicains » face à des « dérives ». « Nous avons vu ces dernières heures de la part d’associations, de collectifs, parfois d’acteurs de nos établissements, des actions et des propos d’une particulière indécence », a-t-elle écrit dans cette lettre adressée aux responsables d’établissements. « L’apologie du terrorisme, l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination sont interdites par la loi et doivent être sanctionnées », poursuivait-elle. « Elles ne constituent pas des idées mais des transgressions intolérables de notre cadre républicain. »

Selon un dernier décompte du ministère de l’Intérieur, 1 518 actes ou propos antisémites ont été recensés en France depuis le 7 octobre, jour de l’attaque du Hamas contre Israël. Ce chiffre équivaut au triple des incidents antisémites ayant eu lieu sur toute l’année 2022.

Selon un sondage Ifop réalisé pour l’Union des étudiants juifs de France en septembre dernier, 91 % des étudiants juifs de France disent avoir déjà été victimes d’un acte antisémite durant leur scolarité.

À l’étranger aussi, les tensions antisémites prospèrent sur les campus.

Aux États-Unis surtout, où des actions pro-palestiniennes, notamment à Harvard et UPenn, ont conduit des donateurs à faire pression sur les universités pour qu’elles soutiennent Israël. Des universités, telles Columbia, Brandeis et George Washington, ont suspendu des organisations pro-Hamas. À New York, des étudiants juifs d’une université de la ville ont été contraints de s’enfermer dans la bibliothèque de leur établissement pendant 20 minutes le 25 octobre, alors que des manifestants anti-Israël frappaient aux portes et criaient des slogans. À UMass, un étudiant a été arrêté après avoir agressé un autre à une veillée Hillel. Un campus de l’Ohio a lui renforcé sa sécurité suite à des attaques contre des étudiants juifs.

En Italie aussi, le milieu universitaire fait face à des tensions en raison de la guerre, et près de 4 000 professeurs et chercheurs, sur un total d’environ 100 000, ont lancé un appel afin de demander aux instances directrices de toutes les universités italiennes de boycotter les relations avec les universités israéliennes « jusqu’à ce que le respect du droit international et humanitaire soit rétabli ».

Au Portugal, une lectrice du Times of Israel a signalé que de nombreux tags anti-Israël avaient été repérés autour de l’université Fernando Pesoa, à Porto, qui compte un certain nombre d’étudiants juifs français.

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