L’AP cessera-t-elle de payer les familles des terroristes ? Non, répond le club des prisonniers palestiniens
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L’AP cessera-t-elle de payer les familles des terroristes ? Non, répond le club des prisonniers palestiniens

Un reportage du journal d'Arte met en évidence les pratiques de l'AP qui rémunère les familles des prisonniers et des kamikazes à hauteur de 1 000 euros par mois, malgré la pression d'une partie de la communauté internationale

La mère d'un Palestinien arrêté après avoir tiré sur un soldat, et  son diplôme de famille 'martyre' (Crédit: capture d'écran Arte)
La mère d'un Palestinien arrêté après avoir tiré sur un soldat, et son diplôme de famille 'martyre' (Crédit: capture d'écran Arte)

Elle marche dans la banlieue de Ramallah, et montre fièrement sur les murs de toute la ville le visage de son fils placardé. Il est partout.

Mouhanad, son fils, a tiré sur un soldat posté à un barrage militaire près de Naplouse. Aujourd’hui, « il a été arrêté et emprisonné, » précise la voix off de ce court reportage de Stéphane Amar diffusé au journal d’Arte, intitulé « Les martyrs palestiniens« .

« C’est l’Autorité palestinienne (AP) qui a financé l’impression de toutes les affiches, qui lui a attribué un diplôme honorifique de martyr, et surtout qui lui verse chaque mois un salaire de 1 000 euros, » explique le reportage.

Pour sa mère, son fils prisonnier « n’a pas commis de crime. Mais seulement défendu la Palestine, terre de liberté » dit-elle.

L’Autorité palestinienne prendrait ainsi en charge plus de 6 500 familles de prisonniers, mais aussi de kamikazes, visant militaires et civils, au nom de l’ « obligation nationale ».

Côté israélien, la chaîne franco-allemande est allée à la rencontre de Palestinian Media Watch, une ONG qui documente entre autres, le culte du martyr palestinien entretenu par l’AP auprès de la population palestinienne via la télévision, les équipes de football, les noms des rues. Le président de l’ONG, Itamar Marcus affirme que ces pratiques sont l’un « des principaux obstacles à la paix ».

Itamar Marcus de PMW (Crédit : capture d'écran Arte)
Itamar Marcus de PMW (Crédit : capture d’écran Arte)

Cette association rapporte les multiples incitations à la haine observées dans la société palestinienne. Ainsi elle démontrait en début d’année, que la chaîne de télévision officielle de l’AP a diffusé en janvier dernier un programme destiné aux enfants, dans lequel de petits enfants récitaient des poèmes glorifiant les armes et la mort, et célébraient le meurtre d’Israéliens.

Mais les exemples restent nombreux et le phénomène touche aussi les programmes scolaires.

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Lundi soir, suite à l’attentat ayant ensanglanté Manchester, Benjamin Netanyahu a déclaré lors de sa rencontre avec Donald Trump que « si le terroriste avait été Palestinien et que les victimes avaient été des enfants israéliens, la famille du kamikaze aurait reçu un salaire de la part de l’Autorité palestinienne. C’est la loi palestinienne. Cette loi doit être changée ».

Trump a, de son côté, envoyé des signaux contradictoires. D’un côté, il a affirmé, avec conviction, qu’Abbas et les Palestiniens « sont prêts pour la paix. »

De l’autre, le président américain avait pourtant déclaré, dans le même temps, à Mahmoud Abbas qu’ « il n’y avait pas de paix là où la violence est récompensée, » faisant référence aux salaires alloués aux familles des victimes.

Le reportage d’Arte mentionne également le « club des prisonniers palestiniens » dont le rôle est de promouvoir le culte des martyrs, et de faire parvenir les salaires aux familles de prisonniers ou de kamikazes.

Taher Shrateh du club des prisonniers palestiniens (Crédit : capture d'écran Arte)
Taher Shrateh du club des prisonniers palestiniens (Crédit : capture d’écran Arte)

Dans le reportage, son porte-parole, Taher Shrateh, explique qu’aucun « dirigeant palestinien ne cessera de verser ces salaires (…) Le gouvernement [palestinien] a publié une directive officielle qui interdit de toucher aux salaires des familles des prisonniers et des martyrs ».

Une fin de non-recevoir face aux demandes expresses de Donald Trump, comme de Benjamin Netanyahu.

Lors de sa rencontre avec Mahmoud Abbas à Washington au début du mois de mai, le président américain Donald Trump avait déjà demandé au président de l’Autorité palestinienne de mettre fin à l’incitation, et de « résoudre » la politique de l’AP sur les subventions sociales octroyées aux familles des terroristes écroués pour avoir attaqué ou tué des Israéliens.

La mère de l’adolescent américain Ezra Schwartz, tué par un terroriste palestinien en 2015, a exhorté, le Conseil de sécurité des Nations unies a également faire pression sur l’AP afin qu’elle cesse d’octroyer des allocations aux terroristes incarcérés, et aux familles des terroristes tués lors d’attaques contre des Israéliens.

« Je viens faire une demande simple. Ne tuez pas. S’il-vous-plait, ne récompensez pas ceux qui tuent, parce que c’est comme si vous vous tuiez vous-même » avait-elle déclaré face à l’assemblée.

Les prisonniers palestiniens en Israël, étaient au centre des tensions, depuis le lancement d’une très médiatique grève de la faim par le plus populaire d’entre eux : le terroriste et cadre du Fatah, Marwan Barghouti.

Une vidéo de lui, en train de manger dans sa cellule, a semé le trouble, sans apparemment entamer sa popularité.

Aujourd’hui, Israël cherche par tous les moyens à enrayer ce système de récompense qu’il considère comme incitatif.

Une nouvelle loi a ainsi été soumise à la Knesset il y a deux mois. Elle propose qu’un milliard de shekels soit déduit des taxes qu’Israël perçoit pour le compte de l’AP et qu’il lui reverse ensuite. Un milliard de shekels, soit l’équivalent du montant que Ramallah accorde aux terroristes et à leurs familles.

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