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L’ex-députée Balad, Hanin Zoabi, arrêtée pour incitation présumée au terrorisme

Estimant que les terroristes du 7 octobre étaient "entrés dans leur propre territoire", "on ne peut pas faire de distinction entre le Hamas et le peuple palestinien", a dit l'ex-élue israélienne

Hanin Zoabi, alors députée de la Liste arabe unie, assistant à une réunion de la commission de l'Éducation, à la Knesset, le 22 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)
Hanin Zoabi, alors députée de la Liste arabe unie, assistant à une réunion de la commission de l'Éducation, à la Knesset, le 22 novembre 2016. (Crédit : Miriam Alster/FLASH90)

L’ancienne députée Hanin Zoabi a été arrêtée dimanche à son domicile de Nazareth. Elle est soupçonnée d’appartenance à un groupe terroriste et d’incitation au terrorisme, vraisemblablement en raison d’un discours qu’elle a prononcé en octobre et dans lequel elle semblait justifier le pogrom du 7 octobre 2023 perpétré par le groupe terroriste palestinien du Hamas dans le sud d’Israël.

Cette arrestation a suscité l’indignation des députés arabes ainsi que de la High Follow-Up Committee for Arab Citizens of Israel, l’organisation-cadre qui représente la minorité arabe du pays, qui a dénoncé un « terrorisme politique mené par le gouvernement des colons ».

La police a confirmé avoir arrêté une femme correspondant à la description de Zoabi, âgée de 59 ans, après avoir reçu des plaintes concernant ses propos.

« Après avoir rassemblé des preuves et vérifié auprès des personnes concernées, il a été constaté que ses propos laissaient soupçonner une identification publique à un groupe terroriste et une incitation au terrorisme », a déclaré la police dans un communiqué.

Députée du parti nationaliste palestinien Balad pendant une décennie, à partir de 2009, Zoabi est connue pour ses discours enflammés et ses critiques virulentes à l’égard d’Israël.

Elle a été très impopulaire auprès de nombreux Israéliens juifs pour avoir appelé à la dissolution de l’État d’Israël, pour avoir qualifié les soldats de « meurtriers » et pour avoir embarqué à bord du navire turc Mavi Marmara en 2010 dans le but de briser les restrictions maritimes strictes imposées par Israël à Gaza.

Elle a été emmenée pour être interrogée après que la police a reçu les autorisations nécessaires, a déclaré dimanche la police, indiquant que la procureure générale a, semble-t-il, donné son feu vert à cette arrestation.

« La police israélienne prendra des mesures sévères contre toute personne faisant l’éloge de groupes terroristes et d’États ennemis, s’identifiant à eux et encourageant leurs actes en temps de guerre, en ligne ou ailleurs, dans l’intérêt de la sécurité publique », a déclaré la police dans un communiqué.

Lors d’un discours prononcé l’an dernier devant le Congrès palestinien à Vienne, en Autriche, Zoabi avait semblé exprimer sa solidarité avec le Hamas et légitimer ses actions du 7 octobre 2023, lorsque le groupe terroriste palestinien avait franchi la frontière de Gaza, tué plus de 1 200 personnes, pour la plupart des civils, avait enlevé 251 autres, et commis de nombreuses atrocités et en utilisant la violence sexuelle comme arme à grande échelle.

« Les Palestiniens n’avaient que deux options : mourir dans un génocide ou être lentement étouffés par Israël, et c’est ce à quoi nous choisissons de résister », avait-elle déclaré.

Des habitants de Gaza célébrant la destruction d’un char israélien près de la barrière frontalière entre Israël et Gaza, à l’est de Khan Younès, le 7 octobre 2023. (Crédit : Yousef Masoud/AP)

« On ne peut pas faire de distinction entre le Hamas et le peuple palestinien », s’était-elle justifiée.

« Ne me parlez pas du 7 octobre », avait-elle ajouté, soulignant que beaucoup de Gazaouis sont les descendants de réfugiés palestiniens et insistant sur le fait que, le 7 octobre, « ils ne sont pas entrés sur le territoire israélien, ils sont entrés sur leur propre terre ».

Entre autres sujets, Zoabi a également évoqué le soutien à un changement d’attitude de l’Europe afin qu’elle cesse de soutenir Israël en raison de la Shoah, soulignant l’importance d’enrôler les Juifs antisionistes dans cette lutte.

« En Europe, Israël n’est pas un État. C’est une idée. C’est une idée éthique. Sans cette idée de défendre les Juifs, l’Allemagne ne peut pas construire son identité après la Seconde Guerre mondiale », a-t-elle déclaré.

« C’est ce qui rend les choses difficiles pour nous. »

« Du terrorisme politique »

Après la parution de la nouvelle dimanche matin, le parti Balad a publié une déclaration condamnant l’arrestation de son ancienne députée, la qualifiant de « message d’intimidation » visant non seulement Zoabi, mais « toute notre population et toutes les forces nationales qui refusent catégoriquement les crimes de guerre et l’israélisation ».

« Il s’agit là d’une manœuvre politique par excellence, qui s’inscrit dans le contexte de la persécution systématique de l’activité politique nationale, dans le contexte de l’attaque flagrante contre la liberté d’expression et d’organisation politique de la population arabe », peut-on lire dans le communiqué du parti.

Le député Ayman Odeh s’adressant à des militants lors d’une manifestation appelant à la fin de la guerre à Gaza et au retour des otages, à Rosh Pina, dans le nord d’Israël, le 26 juillet 2025. (Crédit : Ayal Margolin/FLASH90)

Dans un communiqué distinct, Hadash, une faction de gauche à majorité arabe regroupant l’ancien Parti communiste israélien, a également condamné l’arrestation de Zoabi, la qualifiant de « prétexte à l’intimidation et aux poursuites politiques ». Il a déclaré que ce de tels faits se produisaient alors même que le gouvernement lui-même est « truffé d’éléments ayant des antécédents terroristes », faisant manifestement référence au ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, condamné par le passé pour incitation à la haine raciale et soutien à une organisation terroriste.

De même, la High Follow-Up Committee for Arab Citizens of Israel a dénoncé l’arrestation de Zoabi comme étant « un acte de terrorisme politique mené par le gouvernement colonialiste » et faisant partie d’une « série de poursuites politiques et d’intimidations visant à entraver notre activité politique légitime et normale ».

S’adressant à la chaîne nationale Kan, l’avocat de Zoabi, Me Hassan Jabarin, a remis en question la légalité de l’arrestation, insistant sur le fait que pour une infraction commise il y a un an, elle aurait dû être convoquée pour être interrogée et non faire l’objet d’une descente de police.

« Il est peu probable qu’il y ait eu une décision judiciaire dans cette affaire », a-t-il déclaré.

Une parlementaire controversée

Zoabi avait déjà suscité la controverse par le passé, notamment en participant à une flottille à destination de Gaza, en 2010, qui avait tenté de briser les restrictions maritimes strictes imposées par Israël sur la bande de Gaza. Cette opération s’était soldée par une intervention militaire au cours de laquelle les commandos de l’armée israélienne avaient été accueillis avec violence lorsqu’ils avaient abordé le navire. Dans l’affrontement qui s’en était suivi, neuf militants turcs avaient trouvé la mort et un autre était décédé des suites de ses blessures.

Cela avait conduit à la première des deux tentatives de la commission centrale électorale de la disqualifier de la course à la réélection, tentative qui avait ensuite été annulée par la Cour suprême.

En juillet 2014, la commission l’avait exclue de la Knesset pendant six mois après qu’elle a déclaré que les ravisseurs et assassins de trois adolescents israéliens n’étaient pas des terroristes, une déclaration saluée par le groupe terroriste palestinien du Hamas. La Cour suprême avait rejeté son appel visant à annuler cette suspension.

Les députés Hanin Zoabi (au centre) et Jamal Zahalka (à gauche) devant la Cour suprême pendant l’appel de Zoabi en 2012 contre sa disqualification pour les prochaines élections en raison de sa participation à la flottille pour Gaza en mai 2010 à bord du Mavi Marmara. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

En 2016, la Knesset avait promulgué une loi permettant à 90 députés sur 120 de destituer leurs collègues soutenant la lutte armée contre Israël, en réponse à une visite de condoléances effectuée par Zoabi et d’autres députés arabes auprès des familles de terroristes palestiniens tués alors qu’ils attaquaient des Israéliens.

Ce texte avait ensuite été invoqué dans le cadre des tentatives infructueuses visant à expulser les députés Hadash-Taal Ayman Odeh et Ofer Cassif.

En avril 2018, Zoabi avait appelé à la dissolution de l’État d’Israël et à son remplacement par deux États – l’un laïc et l’autre palestinien – ou par un État binational laïc.

En mars 2018, Zoabi avait été sanctionnée par la commission d’éthique de la Knesset pour avoir accusé les soldats israéliens d’avoir « assassiné » des Palestiniens, et elle avait été suspendue une semaine.

Après une décennie de vie politique, elle avait annoncé, l’année suivante, qu’elle ne se représenterait pas aux élections législatives. Deux ans plus tard, elle avait été condamnée pour falsification et fraude liées à des irrégularités financières au sein du parti Balad.

L’équipe du Times of Israel a contribué à cet article.

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