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Mohammed ben Salman : « La Palestine reste la principale question »

Le prince héritier saoudien a souligné son soutien à l'État palestinien alors que Washington encourage la paix entre Jérusalem et Ryad ; al-Sissi a dénoncé "l'escalade" israélienne

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane présidant le sommet de la Ligue arabe, à Jeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Agence de presse saoudienne via AP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane présidant le sommet de la Ligue arabe, à Jeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Agence de presse saoudienne via AP)

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salman – également surnommé MBS – a souligné son engagement en faveur de la création d’un État palestinien lors du sommet de la Ligue arabe vendredi, alors que les États-Unis intensifient leurs efforts pour négocier un accord de normalisation entre le royaume du Golfe et Israël.

« Nous ne tarderons pas à fournir une assistance au peuple palestinien pour récupérer ses terres, restaurer ses droits légitimes et établir un État indépendant sur les frontières de 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale », a déclaré MBS dans son discours à la conférence de Jeddah, où une attention considérable a été portée sur le retour du président syrien Bashar el-Assad au forum après une suspension de 12 ans.

« La question palestinienne était et reste la question centrale pour les pays arabes, et elle figure en tête des priorités du royaume », a ajouté le dirigeant saoudien de facto.

Ces commentaires sont loins d’être inhabituels pour les dirigeants de Ryad, qui insistent publiquement depuis longtemps sur le fait qu’ils restent attachés à la cause palestinienne et qu’ils ne normaliseront leurs relations avec Israël qu’une fois qu’une solution à deux États aura été trouvée. Cela n’a pas empêché l’administration Biden de travailler à la conclusion d’un accord entre Jérusalem et Ryad, le conseiller américain à la Sécurité nationale Jake Sullivan l’ayant qualifié « d’intérêt de sécurité nationale » au début du mois.

La semaine suivante, Sullivan s’est rendu à Ryad, où il a rencontré MBS et a soulevé la question. Sullivan était accompagné de Brett McGurk et d’Amos Hochstein, hauts responsables de la Maison Blanche, qui se sont ensuite rendus à Jérusalem pour informer le Premier ministre Benjamin Netanyahu de l’état d’avancement du projet.

Le directeur-général du ministère des Affaires étrangères, Ronen Levy, s’est également entretenu avec des responsables de l’administration au sujet d’un éventuel accord avec l’Arabie saoudite lors de son voyage à Washington en début de semaine.

Alors que l’optimisme renaît à Jérusalem, les voisins arabes d’Israël ont envoyé d’autres signaux, exprimant un profond mécontentement à l’égard du nouveau gouvernement radical de Netanyahu, en raison de ses membres d’extrême-droite et de ses politiques antagonistes à l’égard des Palestiniens.

Les dirigeants des pays arabes avant le sommet de la Ligue arabe à Jeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Agence de presse saoudienne via AP)

La visite prévue de Netanyahu aux Émirats arabes unis a été suspendue et le sommet ministériel du Forum du Néguev, qui devait se tenir au début du printemps, n’a toujours pas été programmé par le Maroc. Les États-Unis ont même recommandé à Israël de changer le nom du Forum du Néguev afin qu’il soit moins spécifiquement identifié à l’État juif, dans un contexte de malaise croissant à l’égard de Jérusalem au cours des derniers mois.

À LIRE : Deux ans après les Accords d’Abraham, les succès sont teintés d’inquiétudes

Le mois dernier, un haut diplomate du Moyen-Orient a déclaré au Times of Israel que le gouvernement Netanyahu avait rendu « très difficile » le maintien des Accords d’Abraham, sans parler de leur élargissement à l’Arabie saoudite.

Néanmoins, l’Arabie saoudite s’est montrée disposée à indiquer le prix à payer pour une normalisation avec Israël lors de ses entretiens avec les représentants de Biden.

Le diplomate de haut rang a déclaré que Ryad avait demandé aux États-Unis de donner leur feu vert au développement d’un programme nucléaire civil en échange de la normalisation des relations du royaume avec Israël.

Les dirigeants des pays arabes lors du sommet de la Ligue arabe à Jeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Saudi Press Agency via AP)

Le programme nucléaire civil fait partie des demandes que Ryad a présentées lors des discussions avec l’administration Biden au cours de l’année écoulée, a déclaré le diplomate, tout en précisant qu’un tel accord restait « très éloigné ».

Le diplomate de haut rang a ajouté que, bien que Washington soit intéressé par la conclusion d’un accord de normalisation, Ryad ne se précipite pas pour le signer, compte tenu de l’opposition du Congrès aux demandes saoudiennes d’une coopération plus étroite avec les États-Unis en matière de défense.

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, à gauche, accueilli par le prince Badr Ben Sultan, gouverneur adjoint de La Mecque, à son arrivée à l’aéroport de Jeddah pour assister au sommet de la Ligue arabe, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Saudi Press Agency via AP)

Étant donné que l’administration Biden craint qu’un programme nucléaire saoudien n’accélère la course aux armements nucléaires dans la région, Ryad a suggéré de le développer en pleine coopération avec les États-Unis et d’accepter la surveillance et les inspections américaines, a déclaré le diplomate, tout en reconnaissant que Washington n’a pas encore été convaincu par cette idée.

Pour compliquer les choses un peu plus, l’Arabie saoudite conditionne également un accord de normalisation avec Israël à une expansion significative des liens de défense avec les États-Unis, y compris un système de garanties pour empêcher les administrations futures de se retirer des accords d’armement qui ont déjà été signés, a déclaré le diplomate.

Le président syrien Bashar el-Assad présidant ses délégations lors du sommet de la Ligue arabe de Jeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Saudi Press Agency via AP)

Le diplomate du Moyen-Orient a notamment révélé que les responsables saoudiens n’ont pas soulevé de demande spécifique liée à la question palestinienne lors de leurs discussions avec les États-Unis, comme l’ont fait les Émirats arabes unis lorsqu’ils ont conditionné leur décision de normaliser les relations en 2020 à l’abandon par Netanyahu de son projet d’annexer de vastes parties de la Cisjordanie.

Le diplomate a estimé qu’une « demande liée à la Palestine serait probablement soulevée vers la fin des négociations ».

Presque tous les dirigeants arabes étaient présents au sommet de vendredi à Jeddah, y compris le dirigeant de l’Autorité palestinienne (AP), Mahmoud Abbas. Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, invité surprise, était également présent.

Abbas a profité de son discours pour exhorter les pays arabes à s’associer aux efforts déployés par Ramallah pour traduire Israël devant la Cour pénale internationale (CPI) en raison de son comportement à l’égard des Palestiniens.

Le dirigeant palestinien Mahmoud Abbas participant au sommet de la Ligue arabe à Jeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Saudi Press Agency via AP)

« Israël viole les accords signés et les résolutions de l’ONU et maintient son projet colonial sioniste, qui repose sur la poursuite de l’occupation, le nettoyage ethnique et l’apartheid », a-t-il accusé, ajoutant que Jérusalem a continué à prendre des « mesures unilatérales » qui enracinent davantage le conflit au mépris de la communauté internationale.

Le roi Abdallah II de Jordanie a adopté un ton similaire à celui de MBS, déclarant que « la question palestinienne reste au centre de notre attention ». « Nous ne pouvons pas renoncer à la poursuite d’une paix juste et globale, qui ne sera pas réalisée si le peuple palestinien n’est pas en mesure d’établir un État indépendant dans les frontières d’avant 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale. »

Il a fustigé la construction dans les implantations israéliennes, la démolition de maisons palestiniennes et l’expulsion de Palestiniens de leurs terres, insistant sur le fait que l’alternative à une solution à deux États – à laquelle Israël s’oppose – est un « état de conflit permanent ».

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi assistant au sommet de la Ligue arabe à Jeddah, en Arabie saoudite, le 19 mai 2023. (Crédit : Agence de presse saoudienne via AP)

Le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, qui se présente souvent comme le pendant légèrement plus modéré d’Abdallah sur Israël, a déclaré dans son discours que « le Caire a suivi avec tristesse et douleur l’escalade irresponsable d’Israël dans les territoires et ce qui s’est passé à Gaza ». Il a semblé faire référence au dernier conflit de cinq jours qui s’est déroulé à Gaza et qui a pris fin après que l’Égypte a négocié un cessez-le-feu entre Israël et le groupe terroriste du Jihad islamique palestinien.

« Nous appelons Israël à mettre fin à l’occupation et à permettre la création d’un État palestinien sur les frontières d’avant 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale », a déclaré al-Sissi.

Le secrétaire général de la Ligue arabe, Aboul Gheit, a également critiqué Israël dans son discours. « Les actions irréfléchies du gouvernement israélien ont conduit à une escalade choquante du niveau de violence et de tuerie au cours des derniers mois. Nous saluons la fermeté des Palestiniens. Les politiques et les actions provocatrices du gouvernement [israélien] sont extrêmes, et la communauté internationale doit apporter une réponse décisive. »

Le dictateur syrien el-Assad a également soulevé la question en déclarant que « le sommet de la Ligue arabe offre une occasion historique d’aborder les problèmes régionaux sans ingérence occidentale ou étrangère », à savoir les « crimes de l’entité sioniste à l’encontre du peuple palestinien ».

Le président syrien Bashar Assad s’entretient avec Ahmed Aboul Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe, en Arabie saoudite, le 18 mai 2023, avant le sommet arabe. (Crédit : Agence de presse saoudienne via AP)

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