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La police promet plus de moyens pour lutter contre la récente vague d’homicides

La plupart des meurtres de ces derniers jours se sont déroulés dans la communauté arabe ; une augmentation de la violence à l'égard des femmes a également été constatée

Des policiers sur les lieux d’un meurtre suivi d’une tentative de suicide à Haïfa, le 12 juin 2022. (Crédit : Shir Torem/Flash90)
Des policiers sur les lieux d’un meurtre suivi d’une tentative de suicide à Haïfa, le 12 juin 2022. (Crédit : Shir Torem/Flash90)

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, a présidé dimanche une série de réunions entre les hauts responsables des forces de l’ordre après qu’Israël a été le théâtre d’une série de meurtres ces derniers jours, pour la plupart au sein de la communauté arabe.

Les responsables ont promis d’allouer des fonds supplémentaires à la lutte contre la criminalité après que le pays a connu 12 meurtres en l’espace d’une semaine, dont sept depuis jeudi soir.

« Les meurtres récents portent un coup sérieux à nos efforts de lutte contre la criminalité », a déclaré Barlev. « Notre combat contre la criminalité dans les rues arabes est juste et a fait ses preuves l’année dernière – mais c’est également un combat qui s’avère être long, compliqué et difficile. »

« Nous sommes déterminés à poursuivre la lutte contre les criminels d’une main ferme et avec tous les moyens dont nous disposons », a-t-il ajouté.

Le chef de la police, Kobi Shabtai, a également tenue une réunion avec les responsables de la police. Il a tenté de dresser un tableau plus glorieux, affirmant que les différents agents avaient par ailleurs déjoué 50 autres tentatives de meurtre.

Des enquêteurs supplémentaires ont été affectés aux districts de la côte et du nord pour enquêter sur les meurtres. Un soutien technologique supplémentaire sera également mis à la disposition des enquêteurs, a déclaré la police.

Le chef de la police Kobi Shabtai, à gauche, le ministre de la Sécurité intérieure Omer Barlev, au centre, et le chef de la police du Commandement Nord Shimon Lavie, à droite, lors d’une cérémonie à Nazareth, le 9 novembre 2021. (Crédit: Michael Giladi/Flash90)

Ces mesures interviennent après une lourde série de meurtres.

Un homme de 60 ans a été tué par balle samedi à Ramat Gan. Selon les premiers éléments de l’enquête policière, la fille de la victime qui est en instance de divorce, avait récemment emménagé dans la maison de ses parents dans la banlieue de Tel Aviv.

Le tireur, identifié comme étant le père du gendre de la victime, est arrivé au domicile de la victime samedi matin et l’a abattu à bout portant dans la cage d’escalier de l’immeuble.

La police sur les lieux où un homme de 60 ans a été retrouvé mort par balle à Ramat Gan, le 18 juin 2022. (Crédit: Avshalom Sassoni/Flash90)

Vendredi soir, trois hommes dans le nord d’Israël ont été tués par balle à quelques heures d’intervalle – un homme de 37 ans a été abattu devant son domicile à Kafr Qara, un jeune de 25 ans de la ville de Nahf a été abattu et un homme de 42 ans a été tué à Kiryat Ata.

Plus tôt dans la journée, un homme de 24 ans a été poignardé à mort dans la ville côtière d’Ashkelon, au sud du pays.

Jeudi soir, les cousins Mohammed et Ali Fakhouri, originaires de Nazareth, ont été retrouvés tués par balles dans une voiture, dans le cadre d’un double meurtre présumé.

Mardi, un homme a été tué par balle dans la ville de Baqa al-Gharbiya, dans le nord du pays. Plus tôt dans la journée, un homme âgé d’environ 30 ans, originaire de la ville arabe de Jaljulia, a été tué par balle près d’un chantier de construction dans la ville de Shoham, dans le centre du pays.

Lundi soir, Mahmoud Sna Allah, un homme de 43 ans originaire de la ville de Deir al-Assad, a été abattu dans sa voiture dans la ville de Biina, dans le nord du pays.

Dimanche, une femme de 51 ans est morte à Haïfa peu après avoir été trouvée dans un état critique aux côtés de son mari. L’homme a été grièvement blessé dans ce que la police soupçonne être un meurtre et une tentative de suicide.

Et samedi dernier, un homme de 27 ans a été tué par balle alors qu’il était assis dans son véhicule dans la ville de Jatt, dans le nord du pays.

La majorité des victimes des meurtres de la semaine dernière étaient issues des communautés arabes, qui ont connu une recrudescence de la violence ces dernières années. Les Arabes israéliens blâment la police, qui, selon eux, n’a pas réussi à sévir contre de puissantes organisations criminelles et détourne largement le regard face à ces violences – querelles familiales, guerres de territoire mafieuses et violence contre les femmes. Les communautés ont également souffert d’années de négligence.

Un citoyen arabe proteste contre la violence dans sa communauté, à Jaffa, le 6 février 2021. (Crédit: Avshalom Sassoni/Flash90)

Outre le meurtre de la résidente de Haïfa, on a également constaté une augmentation notable des incidents de violence mortelle contre les femmes depuis le début du mois.

Lundi, la police a découvert le corps de Sapir Nahum, une mère de deux jeunes enfants originaire d’Akko, qui avait disparu depuis près de deux semaines. Son ex-petit ami est le principal suspect de son meurtre.

La semaine dernière, une femme de 65 ans a été retrouvée morte dans son appartement de Petah Tikva. Son mari a été trouvé fumant nonchalamment une cigarette et buvant de l’alcool avant d’être arrêté par la police.

Dans un autre incident, une militante arabe anti-violence de 28 ans, fille du maire adjoint de la ville de Shfaram, dans le nord du pays, a été tuée dans un attentat à la voiture piégée, le 8 juin.

La scène de l’explosion à la voiture piégé qui a coûté la vie à Johara Khnifes, le 7 juin 2022. (Crédit : Services des incendies et des secours)

Selon les données publiées par le Israel Women’s Network (IWN), un groupe de défense des droits des femmes d’Israël, une vingtaine de femmes en moyenne sont assassinées chaque année en raison de leur sexe, et plus de la moitié d’entre elles connaissent personnellement leur assassin.

Plus de 200 000 femmes sont victimes de violences en Israël chaque année, mais seul un quart d’entre elles le signalent aux autorités, a indiqué le groupe.

Selon un rapport publié par des chercheurs de l’Université hébraïque de Jérusalem en janvier, il y a eu 16 cas de féminicide en Israël par un parent ou un partenaire tout au long de 2021, et 21 cas en 2020.

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