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Les propriétaires du bar Ilka de Tel Aviv avaient déjà connu un attentat terroriste

Les trois propriétaires du bar cible de l’attentat meurtrier de jeudi dernier, possèdent également le bar voisin Simta, où un homme armé avait déjà tué 2 personnes en 2016

Policiers et secouristes s'activent sur les lieux d’un attentat terroriste rue Dizengoff, au centre de Tel-Aviv, le 7 avril 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)
Policiers et secouristes s'activent sur les lieux d’un attentat terroriste rue Dizengoff, au centre de Tel-Aviv, le 7 avril 2022. (Crédit : Avshalom Sassoni/Flash90)

Les trois propriétaires du bar Ilka se relèvent de l’attentat terroriste meurtrier de jeudi dernier, six ans après avoir été frappés par une précédente tragédie dans un autre de leurs bars.

Le jour du Nouvel An 2016, à quelques centaines de mètres de l’attentat de jeudi, un homme armé avait tué trois personnes.

L’un des trois propriétaires des bars, Dean Reichel, a indiqué à la Douzième chaîne avoir appelé la gérante du bar Ilka dès les premières informations sur l’attentat, alors même que la situation n’était pas claire.

« Quand je lui ai parlé, elle m’a répondu avec un sang-froid extraordinaire, elle m’a dit: ‘Dean, ça a eu lieu ici. Nous avons été visés par un attentat terroriste. Il y a eu des coups de feu, il y a des morts, il y a du sang partout. Venez vite », se souvient-il.

Trois personnes ont été tuées et au moins 10 blessées après qu’un homme armé a ouvert le feu, jeudi soir, au bar Ilka. Le bar était comble, assailli par les clients heureux de célébrer la fin de semaine.

Tomer Morad et Eytam Magini, deux amis d’enfance, tous deux âgés de 27 ans, ont été tués sur le coup.

Barak Lufan, 35 ans, père de trois enfants, grièvement blessé dans l’attaque, est décédé un jour plus tard.

Les trois victimes de l’attentat terroriste à Tel Aviv, le 7 avril 2022. De gauche à droite : Tomer Morad, Eytam Magini et Barak Lufen. (Crédit : Autorisation)

Reichel a raconté comment les familles des personnes réunies dans son bar au moment de l’attentat s’étaient procuré son numéro de téléphone et l’avaient appelé sans relâche, pour tenter d’avoir des nouvelles de leurs enfants.

« Ils nous appelaient et nous disaient : « Où est mon enfant ? il ne répond pas », se souvient-il.

Il a précisé que l’un des blessés était une serveuse dont c’était le tout premier jour de travail.

Dean Reichel (à gauche) et Gal Cohen, deux des propriétaires des bars Simta et Ilka à Tel Aviv, le 8 avril 2022 (Crédit : Copie d’écran/Douzième chaîne)

« Nous savons déjà ce que vivent les familles : les personnes blessées et traumatisées. Malheureusement, nous sommes déjà passés par là », a déclaré Reichel. « Nous savons ce que c’est. Vraiment, vraiment, vraiment nous savons ce qu’il en est. »

Les trois hommes possèdent des bars dans la région et ont expliqué avoir installé, vendredi, un mémorial dans chacun de ces établissements.

« Nous sommes allés dans chacun de nos bars et avons placé trois bougies sur une table : une pour chaque personne assassinée, avec un drapeau israélien », a précisé Reichel.

Des gens allument des bougies sur les lieux d’un attentat terroriste, à Tel Aviv, le 8 avril 2022 (Crédit : AP Photo/Oded Balilty)

Ils ont ressorti la boîte commémorative conservée au Simta Bar, qui avait été attaqué en 2016. À l’époque, un terroriste inspiré par l’État islamique avait tué deux personnes dans une fusillade devant le bar Simta, situé dans la rue Dizengoff de Tel Aviv, toujours très fréquentée.

Le gérant Alon Bakal, 26 ans et le patron Shimon Ruimi, 30 ans, avaient été tués par le tireur par des tirs de mitraillette. Le tireur, Nashat Milhem, avait dans sa fuite abattu le chauffeur de taxi Ayman Shaaban.

Des Israéliens allument des bougies au bar Simta sur la rue Dizengoff au centre de Tel Aviv, le 2 janvier 2016, au lendemain de la mort de deux personnes dans une fusillade. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les propriétaires du bar ont rappelé qu’ils conservaient dans cette boîte les bougies et photos des personnes tuées, qu’ils ressortaient chaque année à la date anniversaire de l’attentat.

« Je sais que l’année prochaine, nous ferons la même chose, mais à deux reprises », a conclu Reichel.

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