Plus de 25 000 personnes réunies en France pour réclamer « Justice pour Sarah »
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Plus de 25 000 personnes réunies en France pour réclamer « Justice pour Sarah »

De nombreuses personnalités cultuelles, politiques, et du monde culturel et du spectacle ont participé au rassemblement parisien, sur la place du Trocadéro

  • Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Des membres du comité de soutien de Sarah Halimi lors du rassemblement pour demander justice sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Des membres du comité de soutien de Sarah Halimi lors du rassemblement pour demander justice sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Un manifestant au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Un manifestant au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Le chanteur français Enrico Macias au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Le chanteur français Enrico Macias au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Une manifestante au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Une manifestante au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • L'imam de Drancy Hassen Chalghoumi au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    L'imam de Drancy Hassen Chalghoumi au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Le présentateur de télévision français Arthur (à droite) au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Le présentateur de télévision français Arthur (à droite) au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Un homme brandit un drapeau d'Israël à côté d'un drapeau de la Ligue de défense juive au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Un homme brandit un drapeau d'Israël à côté d'un drapeau de la Ligue de défense juive au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • La mannequin et chanteuse franco-italienne Carla Bruni-Sarkozy au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    La mannequin et chanteuse franco-italienne Carla Bruni-Sarkozy au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Le président du groupe parlementaire « La République en marche », Christophe Castaner, lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Le président du groupe parlementaire « La République en marche », Christophe Castaner, lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Le grand rabbin de France Haim Korsia lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Le grand rabbin de France Haim Korsia lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Une femme brandit un drapeau d'Israël lors du rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Une femme brandit un drapeau d'Israël lors du rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • L'auteur-compositeur et chanteur français Michel Jonasz lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    L'auteur-compositeur et chanteur français Michel Jonasz lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : Glenn Cloarec / The Times of Israël)
    Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : Glenn Cloarec / The Times of Israël)
  • L'humoriste français Gad Elmaleh lors du rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    L'humoriste français Gad Elmaleh lors du rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Des drapeaux au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : Glenn Cloarec / The Times of Israël)
    Des drapeaux au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : Glenn Cloarec / The Times of Israël)
  • William Attal, le frère de Sarah Halimi, lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    William Attal, le frère de Sarah Halimi, lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : Glenn Cloarec / The Times of Israël)
    Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : Glenn Cloarec / The Times of Israël)
  • Le chanteur français Patrick Bruel au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Le chanteur français Patrick Bruel au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • L'auteur français Bernard-Henri Levy lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    L'auteur français Bernard-Henri Levy lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Le Youtubeur français Ramous lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Le Youtubeur français Ramous lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pecresse, lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    La présidente de la région Ile-de-France, Valérie Pecresse, lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Le philosophe français Luc Ferry lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Le philosophe français Luc Ferry lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
  • Raphael Enthoven, professeur de philosophie, animateur de radio et de télévision, lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
    Raphael Enthoven, professeur de philosophie, animateur de radio et de télévision, lors de son discours au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

« Justice pour Sarah », « Tous unis pour Sarah Halimi » : dimanche après-midi, sous ces slogans, plus de 25 000 manifestants, selon les autorités, se sont rassemblés à Paris et dans d’autres villes de France, pour contester l’absence de procès après le meurtre de Sarah Halimi (née Lucie Attal) en 2017, à l’appel de collectifs citoyens et de représentants de la communauté juive. La Cour de cassation a confirmé le 14 avril dernier l’irresponsabilité pénale du meurtrier de la sexagénaire juive, sauvagement tuée en 2017 à Paris.

Une large foule – dense en début d’après-midi, plus disparate par la suite – était réunie dans la capitale.

Le ministère de l’Intérieur a indiqué en fin de journée que plus de 20 000 personnes avaient participé à l’évènement, et plus de 6 200 dans plusieurs villes de province.

Sous le mot d’ordre « Sans justice pas de République », les manifestants parisiens se sont retrouvés sur le parvis des Droits de l’homme, place du Trocadéro, à l’initiative du collectif « Agissons pour Sarah Halimi ». Dans la foule, des pancartes ont été brandies, portant les messages « Pas de droit sans justice », « Justice défoncée ? », « Juifs attaqués, République en danger » ou encore « 2 joints font planer, 10 joints rendent la liberté », quand d’autres manifestants huaient les magistrats de la Cour de cassation et même certains intervenants accusés de laxisme sur l’antisémitisme.

Dès le début du rassemblement parisien, à 14h, Jonathan Behar, qui a initié et co-organisé l’évènement, s’est félicité d’une « immense victoire », après avoir appelé à une minute de silence pour Stéphanie Monfermé, agente administrative poignardée vendredi dernier dans un nouvel acte terroriste islamiste à Rambouillet.

« Ce rassemblement est à l’image de Sarah Halimi, qui était une femme lumineuse, qui ne faisait pas de différence entre toutes les croyances, entre toutes les cultures », a-t-il déclaré. « Il y a plus de 30 rassemblements dans le monde entier ! Nous ne sommes pas seuls dans ce combat ! Ce rassemblement est né de la sidération et de la colère quand on a pris connaissance de ce jugement qui n’a pas lieu d’être dans le pays des Droits de l’homme qu’est la France. Cette colère, c’est notre devoir de citoyen de la transformer en quelque chose de constructif. Nous nous devons de construire ensemble, quelles que soient nos croyances ou nos cultures. […] Nous nous devons de nettoyer ensemble cette tâche qui est sur notre drapeau et qui représente l’affaire Sarah Halimi. »

Il a rappelé les objectifs de la manifestation : rendre hommage à cette femme, et appeler à la mise en place d’une loi faisant en sorte que la législation actuelle « visant la consommation de psychotropes ne puisse plus servir d’excuses pour faire croire à une abolition du discernement ».

Avec la future nouvelle loi, « si justice n’a pas été rendue pour Sarah Halimi, elle sera rendue grâce à Sarah Halimi », a-t-il scandé.

Après une intervention de Francis Szpiner, avocat et maire du 16e arrondissement de Paris, Muriel Ouaknine Melki, avocate de William Attal, frère de Sarah Halimi, a pris la parole, appelant à une révision du procès.

« La clameur est montée et l’espoir est revenu. L’espoir, c’est vous ici », a lui lancé William Attal à la tribune. Il est également longuement revenu sur les incohérences, les détails et l’horreur de l’affaire. Il a aussi annoncé que deux témoins clés se disaient prêts à témoigner devant la justice – ce qui, espère-t-il, pourrait causer un rebondissement dans l’affaire. Deux jeunes filles, Clara et Pénélope, ont ensuite chanté en hommage à Sarah Halimi, et plusieurs femmes ont scandé depuis la tribune « Je ne serai pas la prochaine Sarah Halimi ».

Les responsables communautaires Francis Kalifat (CRIF), Joël Mergui (Consistoire) et Ariel Goldmann (FSJU) se sont ensuite exprimés – ils avaient, ce dimanche matin, déposé des fleurs devant le domicile de Sarah Halimi. Selon le premier, Sarah Halimi a été « victime d’un déni de justice et d’un naufrage judiciaire ». « La nouvelle loi doit porter le nom de Sarah Halimi », a-t-il exhorté.

Le Grand rabbin de France Haïm Korsia a prononcé un psaume, puis la prière pour la République, le Kaddish et la Hachkava. Il était entouré du grand rabbin de Paris Michel Gugenheim, de représentants religieux catholiques, protestants, orthodoxes, bouddhistes et musulmans – dont plusieurs imams, parmi eux Hassen Chalghoumi.

Puis, la journaliste et réalisatrice Cyrielle Cohen a présenté son travail sur le terrorisme en France. Le rassemblement avait déjà démarré par la diffusion de différentes vidéos, et notamment des extraits du récent documentaire intitulé « Sarah et les autres » d’Alexandre Arcady, avec Richard Berry.

Arthur, Michel Cymes, Gilbert Montagné, Cyril Hanouna, Pascal Holmeta, Pascal Legitimus, Yvan Attal ou encore Elie Chouraqui et d’autres sont également intervenus dans des vidéos pré-enregistrées diffusées au début de la manifestation. Comme les autres intervenants présents sur place, ils ont tous appelé à la justice pour Sarah Halimi, à un changement de loi, ou encore à la mobilisation de la communauté nationale face au racisme et à l’antisémitisme.

Christophe Castaner, président du groupe LREM à l’Assemblée nationale et ancien ministre de l’Intérieur, a pris la parole après avoir été sifflé par quelques manifestants. Il s’est dit « fier d’avoir renforcé la sécurité des synagogues, fier d’avoir dissous des groupuscules antisémites violents et d’avoir aidé à ce que la nation condamne ceux qui dévoient un concept et font de l’antisionisme le prête-nom de leur antisémitisme ». Il a dénoncé la décision de justice pour un meurtrier qui a « pris de la drogue en toute conscience et qui a assassiné une femme parce qu’elle était Juive ». « Si un homme pleinement conscient a causé sa propre folie, il ne devrait pas être irresponsable. Il serait trop facile de se réfugier derrière les effets des drogues pour fuir ses responsabilités. Il serait trop simple de consommer une drogue et, mû par un antisémitisme bien ancré, d’aller tuer une femme juive sans que la responsabilité de l’auteur ne puisse être interrogée. Le président de la République l’a exprimé avec force, et il nous faut agir. L’état actuel du droit crée des situations humaines auxquelles il est nécessaire de répondre. Nous le ferons avec ordre, nous le ferons avec la justice au cœur et loin des déclarations à l’emporte-pièce des spécialistes des solutions toutes faites. »

En milieu de journée dimanche, le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti avait déjà annoncé la présentation « fin mai » en Conseil des ministres d’un projet de loi visant à « combler » un « vide juridique », celui de « l’absence de possibilité offerte par le droit actuel de tenir compte de la prise volontaire de substances toxiques par un individu conduisant à l’abolition de son discernement ». Cette annonce fait suite à une demande du président Emmanuel Macron.

Christophe Castaner a rappelé ce projet lors de son allocution, ajoutant que cette loi sur le discernement pénal devrait être votée avant l’été. « Sarah Halimi a été la victime de l’antisémitisme, peut-être aussi d’un droit incomplet qui donne ce sentiment d’injustice. Nous allons le changer. Vous pouvez compter sur moi, sur nous, notre détermination à combattre la haine est plus forte que jamais. »

Arthur, Gad Elmaleh, Patrick Bruel, Amir, Michel Boujenah sont montés ensemble sur scène. Avec émotion, Gad Elmaleh s’est dit outré et en colère face à la décision de justice et a dit espérer que des mesures seront prises pour que le meurtrier de Sarah Halimi puisse être jugé. Arthur a lui appelé à un changement de la loi et s’est réjoui que « tous les citoyens », Juifs comme non-Juifs, se soient mobilisés.

Gad Elmaleh merci à vous

Posted by Yonathan Halimi on Sunday, April 25, 2021

Le Youtubeur musulman Ramous et Michel Jonasz se sont eux aussi exprimés.

Bernard-Henri Lévy s’est lui dit frappé par l’inhumanité du crime, mais également par celle des juges, auxquels « il a fallu des mois, deux années ou presque, avant d’admettre le caractère antisémite du crime », du droit français tel qu’il est aujourd’hui, et de « tant de commentateurs qui ont dit qu’il fallait ‘respecter les décisions de justice’ ». Il a rappelé que, par le passé, des affaires et des procès avaient pu être révisés, et espère qu’il en sera ainsi pour ce crime. Le penseur a vivement regretté que l’assassin finirait par être libéré et appelé à la création d’un comité de révision du procès, qui viendrait collecter de nouveaux éléments. « Dans la pensée juive, le jour commence toujours avec le soir. Nous y sommes », a-t-il conclu.

Cette intervention a été suivie par celle de Luc Ferry, qui a rejeté l’idée que les juges avaient simplement suivi la loi. « Quand un Juif est assassiné parce qu’il est Juif, c’est l’humanité toute entière qui est atteinte », a-t-il ajouté. « En tant que modeste goy, je revendique le droit d’être tout aussi meurtri que les membres de la communauté juive qui sont ici présents et qui fort heureusement ne sont pas les seuls. »

Raphaël Enthoven a lui rappelé l’antisémitisme du meurtrier et de sa famille, dénoncé le déni du phénomène et cité Jean-Paul Sartre pour conclure son propos.

Xavier Bertrand, président du conseil régional des Hauts-de-France, et Valérie Pécresse, présidente du conseil régional d’Île-de-France, sont ensuite intervenus.

Anne Hidalgo, maire de Paris, vivement huée, a annoncé qu’une rue Sarah Halimi serait prochainement inaugurée dans la capitale. « Cette rue ne rendra pas la vie à Sarah Halimi, mais lorsque nous nous y promènerons, que nous y serons, nous aurons son histoire, son visage, son nom, et nous savons que cette histoire, ce visage, ce nom est bien sûr celui d’une femme assassinée parce que Juive, et pour laquelle nous demandons ici justice. Justice par une nouvelle loi. Justice par une loi qui s’appellera je l’espère la ’loi Sarah Halimi’. Nous serons là avec elle, et cette rue Sarah Halimi sera le témoin de notre détermination, à nous ici, peuple parisien, peuple de France, à nous les élus de la République, pour dire que jamais, nous ne céderons face à l’antisémitisme, cette peste qui vient affaiblir nos valeurs républicaines. » Elle a également salué l’apport de la communauté juive à la ville de Paris dans l’histoire et rappelé son engagement pour les Juifs de France, « contre vents et marrées, lorsqu’il fera de l’orage et lorsqu’il fera aussi du soleil ».

La maire de Paris a ajouté que « l’antisémitisme c’est une peste, c’est un fléau qui mine les fondements de notre République » et qu’il fallait que les « personnes en responsabilité portent ce message avec détermination ».

Le président de la Licra (Ligue internationale contre la racisme et l’antisémitisme) Mario Stasi avait demandé qu’une rue de Paris porte le nom de Sarah Halimi, après la décision de la Cour de cassation.

Meyer Habib, député de la huitième circonscription des Français établis hors de France, a lui eu une première pensée pour les rescapés de la Shoah présents au rassemblement. Il a regretté qu’il n’y pas eu de procès après l’attentat de la rue Copernic, a eu une pensée pour la famille du DJ juif Sébastien Sellam, assassiné en 2003, et déplorant qu’il aura « fallu 40 ans » pour attendre celui de la rue des Rosiers. Il a émis « un seul souhait : qu’il y ait un procès, en France, pour Sarah Halimi ».

Noémie Madar, président de l’UEJF, s’est réjouie que « nous soyons des milliers pour Sarah Halimi » ce dimanche, « à dire non à l’antisémitisme ». « Cette journée n’est pas la fin d’un moment, cette journée est le début d’une époque, le début d’une mobilisation citoyenne, de tous les citoyens français, peu importe leur religion ou origine. »

Amine El Khatmi, cofondateur et président du Printemps républicain, Morad El Hattab, géopolitologue, ont pris la parole, suivis de Béatrice Brugère, secrétaire générale du syndicat FO Magistrats, qui est revenue sur la décision de ses collègues magistrats.

Fort ému, Yonathan Halimi, fils de Sarah Halimi, a conclu le rassemblement en revenant sur l’affaire et en rappelant qui était sa mère. Il a expliqué que faire appel à la Cour européenne des Droits de l’homme ou à la justice israélienne, comme sa famille l’envisage, serait un échec, appelant à ce que la justice se fasse en France. La Marseillaise a été chantée après son discours, et le rassemblement s’est dispersé dans le calme.

De nombreuses autres personnalités cultuelles, politiques, et du monde culturel et du spectacle, étaient également présentes pour réclamer « justice » pour Sarah Halimi, et une évolution de la loi. François Berléand, Marek Halter, Nicolas Dupont-Aignan, Bernard Montiel, Audrey Pulvar, Carla Bruni ou encore Serge et Beate Klarsfeld notamment ont participé au rassemblement.

Mikaël Journo, rabbin de la synagogue Chasseloup-Laubat, aumônier général israélite des hôpitaux de France et candidat à la fonction de Grand rabbin de France, a lui tenu à participer à cette manifestation « non pas de la colère, mais qui était très humaine et très sage » afin « de répondre à la violence de la décision de non-procès ».

Il avait auparavant lancé un appel sur les réseaux sociaux à tous les citoyens français juifs et non-juifs à y participer, et se réjouit de la « mobilisation exemplaire, sans aucun débordement ». Il explique avoir vu dans ce rassemblement « une forme d’exutoire » face à la décision de la Cour de cassation, et « s’inquiète du message que celle-ci transmet : on peut tuer de ses mains et se cacher derrière la folie ?! »

Le rabbin s’inquiète de la montée de l’antisémitisme en France, et explique avoir tenu « à rester parmi la foule afin d’écouter la peine et le chagrin d’une communauté qui s’inquiète quant à son avenir en France ». « Je constate qu’on massacre nos enfants et nos vieillards parce que Juifs. Jusqu’à quand ? », a-t-il déclaré.

Une femme brandit un drapeau d’Israël lors du rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Allyana Levy, 20 ans, étudiante parisienne présente elle aussi dans la foule et dirigeante d’un groupe juif du mouvement scout, a admis ne pas être sûre concernant son avenir en France.

« Parfois, je me dis que je vais rester ici. D’autres fois, comme après l’affaire Sarah Halimi, je n’en suis pas si sûre », a-t-elle déclaré. « Quand j’ai peur de marcher dans la rue parce que je suis une femme, parce que je suis Juive, c’est difficile… Mes nièces en Israël se sentent en sécurité à n’importe quelle heure. Alors vous réfléchissez à ce qui est le mieux. »

« Tout cela signifie qu’il n’y a pas de justice en France », a-t-elle déclaré. « Je ne sais pas quelle est la solution à cela. » Elle n’est néanmoins pas tout à fait prête à quitter son pays natal. « Je ne sais pas s’il y a de l’espoir, mais je dois le croire », a-t-elle déclaré. « Peut-être que le fait qu’un si grand nombre d’entre nous soient venus ici montrera que ça suffit, et qu’un vrai changement se produira. »

Allyana vit dans le 11e arrondissement de Paris, où vivait également Sarah Halimi. Autrefois quartier d’immigrés pauvres, on y trouve aujourd’hui des boucheries halal et des mosquées comme des bars branchés et des boutiques bio – témoignages de la récente gentrification qui a fait du quartier un endroit prisé par les étudiants et les jeunes familles.

Une autre manifestante, Alice Levy, 18 ans, a déclaré que l’affaire Halimi était « effrayante pour [elle] en tant que femme juive ».

« Mais cela ouvre la porte à des craintes plus larges sur la vie en France en général, quand il y a manifestement des problèmes avec la police, la justice, les médias, les institutions politiques et religieuses », a-t-elle déclaré.

Des militants kabyles au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : Glenn Cloarec / The Times of Israël)

Croisés dans la foule, plusieurs militants kabyles, équipés de drapeaux d’Israël et de Kabylie, ont eux tenu à participer à l’évènement pour marquer leur solidarité à la communauté juive de France. L’une des militantes, qui gère le site Kabyles.net, a estimé que, comme les Kabyles dans la région de Kabylie en Algérie, les Juifs en France subissaient de plein fouet la violence islamiste. Une représentante du gouvernement provisoire kabyle, présente également, a elle rappelé la liberté de conscience, appelant les autorités françaises à « prendre conscience du péril islamiste qui nous menace toutes et tous ».

Présente elle aussi à la manifestation, Soraya, Parisienne d’une trentaine d’années, « d’origine algérienne venant d’une famille musulmane, et proche de la communauté juive », a tenu à être là « parce que l’antisémitisme en France est l’affaire de tous, parce qu’il faut que la justice française puisse juger même un homme déclaré irresponsable par respect pour la famille de la victime et ses proches, et pour la mémoire de Sarah Halimi ».

Elle regrette néanmoins avoir subi lors de l’évènement plusieurs fouilles de son sac, et avoir dû « soulever son pull devant une femme du dispositif privé », ayant ainsi le sentiment d’avoir été particulièrement visée par ces mesures de sécurité en raison de ses origines. « Les préjugés sur les Juifs existent encore malheureusement, et il faut se battre contre ça, mais pas en faisant la même chose que ce que l’on reproche aux autres [c’est-à-dire en faisant preuve de discrimination] », a-t-elle expliqué. « Ça m’a un peu attristée mais pas découragée, et s’il doit y avoir un autre rassemblement, j’irai ! », a-t-elle conclu.

David a lui participé à la manifestation toulousaine, qui a eu lieu au même moment devant le palais de Justice et qui a rassemblé environ 400 personnes. Il a souhaité y participer pour « rendre hommage à cette dame assassinée parce que Juive » et dire sa « stupeur, indignation et incompréhension face à cette décision de considérer que cet homme [l’assassin Kobili Traoré] n’était pas responsable de ses actes, et ainsi le dédouaner d’un procès. On a l’impression qu’avoir consommé une substance illégale devient une circonstance non pas aggravante, comme on pourrait s’y attendre, mais finalement une sorte de circonstance atténuante qui nous exonère d’un procès. C’est illogique, et c’est contre cela qu’on se mobilise et qu’on lutte ».

Si les discours « étaient émouvants », il s’est dit surpris et déçu par le fait que la foule était principalement composée de Juifs, et de peu de non-Juifs. « C’était déjà le cas pour Ilan Halimi, pour les malheureux enfants de l’école Ozar Hatorah… On a l’impression que l’indignation n’a lieu que dans nos rangs, et cela me chagrine et me révolte. Le fait de s’en prendre à un Juif en France ne devrait pas concerner seulement la communauté juive, mais plutôt la communauté nationale. Les Juifs ont toujours été à l’avant-garde de la République. On a apporté beaucoup de choses à la France, et on est livrés à notre sort », a-t-il expliqué. Il déplore également que la Marseillaise n’a pas été chantée lors du rassemblement.

Lors de ce même rassemblement toulousain, Franck Touboul, président du Conseil représentatif des institutions juives de France de Midi-Pyrénées, a affirmé que « la société française ne se reconnaît pas toujours dans la façon dont les juges rendent la justice ». Il explique que « la juge d’instruction a refusé » son invitation à un office et que « pour elle, la vie d’une femme ne valait pas deux heures de son temps ». « Faut-il fumer du cannabis pour être disculpé ? Au même moment, un consommateur de cocaïne a écopé de deux ans de prison car il avait jeté son chien par la fenêtre », a-t-il dénoncé.

« La justice française, c’est zéro. N’importe qui peut tuer sous prétexte qu’il ait bu ou fumé sans être inquiété par la justice. Il faut assumer ses actes, c’est pas normal », a accusé Céline Duka, présente dans le cortège marseillais « pour ne pas qu’on tue (Sarah Halimi) une deuxième fois ». L’évènement a rassemblé environ 2 000 personnes.

Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, à Lyon, le 25 avril 2021. (Crédit : PHILIPPE DESMAZES / AFP)

À Lyon, près des pancartes proclamant « Juges où est votre honneur ? » ou « Fume des joints, il ne t’arrivera rien », le grand rabbin Daniel Dahan a demandé que « la lutte contre l’antisémitisme (devienne) une grande cause nationale, pas seulement dans les discours, mais dans les actes ». Ils étaient environ 1 200 à ce rassemblement.

Les manifestants étaient aussi 600 à Strasbourg et Deauville, et 400 à Nice, selon l’Intérieur. À l’étranger, environ 500 personnes se sont rassemblées devant l’ambassade de France à Tel Aviv. Elles étaient environ 150 à Londres.

Ce dimanche, en ligne cette fois, le mouvement international Combat Anti Semitism a lancé une campagne sur les réseaux sociaux pour protester contre le jugement « incompréhensible » de la justice française. L’organisation-cadre, qui rassemble des groupes variés qui luttent contre la haine anti-juive, a déclaré que la campagne – qui utilise les hashtags #JusticeForSarah et #JeSuisSarah – avait pour objectif d’afficher une solidarité avec la famille de Sarah Halimi et avec la communauté juive de France.

« Le jugement récent qui a été rendu en France établit un précédent dangereux, celui que l’antisémitisme meurtrier pourrait ne pas être sanctionné. C’est un coup porté non seulement à la famille de Sarah Halimi et aux Juifs français mais aussi à tous ceux qui s’inquiètent profondément de combattre le racisme, l’antisémitisme et l’intolérance. On ne peut pas laisser passer cela », a commenté Sacha Roytman-Dratwa, directrice du mouvement Combat Anti–Semitism.

« En unissant nos voix, en nous exprimant d’une seule voix, nous pouvons faire une déclaration puissante au monde, celle que l’antisémitisme ne sera ni toléré, ni excusé », a-t-elle poursuivi.

Ces mobilisations ont eu lieu en réaction à la confirmation, le 14 avril, par la Cour de cassation, de l’impossibilité de juger le meurtrier de Sarah Halimi, compte tenu de l’abolition de son discernement lors des faits.

Des manifestants au rassemblement pour demander justice pour Sarah Halimi, sur la place du Trocadéro, devant la tour Eiffel, à Paris, le 25 avril 2021. (Crédit : Glenn Cloarec / The Times of Israël)

Selon les sept experts psychiatriques qui l’ont examiné, Kobili Traoré, gros consommateur de cannabis, désormais hospitalisé en psychiatrie, était en proie à une « bouffée délirante » lorsqu’il a, aux cris de « Allah Akbar », roué de coups et jeté par-dessus le balcon sa voisine d’immeuble, âgée de 65 ans.

Néanmoins, l’un des experts s’était démarqué sur les conséquences juridiques à tirer de cette « bouffée délirante ». L’expert Daniel Zagury suggérait en effet de retenir « l’altération du discernement », invoquant une « intoxication chronique volontaire » dont Kobili Traoré ne pouvait ignorer les dangers.

Les magistrats de la Cour d’appel ne l’avaient pas suivi et avaient déclaré le meurtrier irresponsable pénalement, tout en retenant que les charges étaient suffisantes pour des poursuites pour meurtre avec la circonstance aggravante de l’antisémitisme. Ils avaient ordonné l’hospitalisation de l’auteur du crime, assortie de mesures de sûreté pour 20 ans. La Cour de cassation a jugé la décision conforme au droit, et a également entériné le caractère antisémite du crime.

Sur ce dernier point, les juges avaient suivi les explications du Dr. Zagury sur la dimension antisémite du geste de Kobili Traoré, pris d’un « délire persécutif polymorphe, à thématique mystique et démonopathique ».

« Dans le bouleversement délirant, le simple préjugé ou la représentation banale partagée se sont transformées en conviction absolue », avait expliqué l’expert dans son rapport.

Un modèle de cartes postales envoyées à Emmanuel Macron réclamant justice pour Sarah Halimi. (Crédit : Consistoire israélite du Haut-Rhin)

L’impossibilité d’un procès a suscité une très forte incompréhension au sein d’une partie de la communauté juive française, et déclenché un vif débat sur la responsabilité pénale des personnes atteintes de troubles psychiatriques sur fond de consommation de drogues.

En janvier 2020, après la décision de la Cour d’appel, le président Emmanuel Macron était alors intervenu dans le débat depuis Jérusalem, estimant notamment que « le besoin de procès » était « là ». Il s’était aussitôt attiré le recadrage des plus hauts magistrats de France, qui lui avaient rappelé son rôle de garant de l’indépendance de la justice.

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