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Zelensky donne de nouveaux détails sur l’histoire de sa famille pendant la Shoah

Le président ukrainien a raconté que les nazis ont brûlé le village de ses arrière-grands-parents, qu'il ne décrit pas comme des Juifs, conformément au narratif de guerre soviétique

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky prononce son discours en visioconférence, le 21 mars 2022. (Crédit : Capture d'écran)
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky prononce son discours en visioconférence, le 21 mars 2022. (Crédit : Capture d'écran)

JTA – Les arrière-grands-parents du président ukrainien Volodymyr Zelensky sont morts lorsque les nazis ont brûlé leur village, a-t-il déclaré dans une interview sur CNN lundi.

S’exprimant par l’intermédiaire d’un traducteur avec Fareed Zakaria, Zelensky a déclaré, comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises, que son grand-père et les frères de son grand-père s’étaient tous engagés dans l’Armée rouge soviétique et que seul son grand-père a survécu.

Il a également donné des précisions, inédites en anglais, sur ce qui est arrivé aux parents de son grand-père.

« Son père et sa mère ont été tués dans un terrible incendie. Les nazis ont mis le feu à tout le village où ils vivaient et où mon grand-père est né », a-t-il déclaré.

Zelensky n’a pas nommé le village, mais les massacres par le feu figuraient dans le manuel des opérations de l’armée nazie en territoire ukrainien et ailleurs.

Dans un cas bien connu, le village de Koryukovka a été incendié en 1943 après que ses habitants ont été fusillés en représailles aux activités des partisans qui y étaient basés ; les Juifs de Koryukovka avaient déjà été en grande partie déportés et assassinés.

Zelensky n’a pas non plus mentionné la Shoah ou le fait que ses grands-parents étaient Juifs, même lorsque Zakaria lui a demandé de commenter le programme de « dénazification » du président russe Vladimir Poutine en tant que « personne d’origine juive ». Au lieu de cela, Zelensky a parlé de « la guerre ».

« Quand les Russes parlent des néonazis et qu’ils se tournent vers mo »i, a-t-il dit, « je réponds simplement que j’ai perdu toute ma famille à la guerre parce qu’ils ont tous été exterminés pendant la Seconde Guerre mondiale. »

Un massacre de la Shoah perpétré par des Allemands et des Ukrainiens à Miropol, dans l’ouest de l’Ukraine, le 13 octobre 1941. (Crédit : USHMM – United States Holocaust Memorial Museum)

Un commentateur juif de l’ancienne Union soviétique a déclaré que la façon dont Zelensky parlait de son histoire familiale n’était pas surprenante.

« Un seul narratif était autorisé selon la politique soviétique de l’après-guerre : le peuple soviétique a beaucoup souffert. Le gouvernement ne voulait pas reconnaître que les nazis avaient spécifiquement ciblé les Juifs pour les exterminer. Ils ont puni les Juifs soviétiques qui ne suivaient pas la ligne du parti », a écrit Alex Zeldin, né en Union soviétique et connu, sur internet, sous le nom de Jewish Wonk, dans un message Twitter qui a été partagé des milliers de fois.

« En raison de la persécution soviétique et de la limitation de la diffusion d’informations sur la Shoah, les générations suivantes de Juifs soviétiques en sont venues à comprendre que l’histoire de leur famille faisait partie de la guerre, même si elle ne ressemblait pas à d’autres expériences », a-t-il ajouté.

L’interview de Zelensky avec Zakaria – dans laquelle il a indiqué qu’il avait des « parents éloignés » aux États-Unis, en Pologne et en Israël – a eu lieu au lendemain de son adresse aux députés israéliens, dont certains ont été irrités par la description faite par Zelensky des Ukrainiens comme sauveteurs des Juifs pendant la Shoah.

Si 2 673 Ukrainiens ont été reconnus par Yad Vashem, le mémorial et musée israélien de la Shoah, pour leurs efforts pour sauver des Juifs, l’Ukraine a également été le théâtre d’une collaboration notable entre les habitants et leurs occupants nazis dans le but d’assassiner des Juifs.

Le discours de Zelensky reflète sa stratégie consistant à concevoir des appels au soutien adaptés à chacun des pays auxquels il s’adresse.

Au cours du discours, il a sévèrement critiqué Israël pour ce qu’il percevait comme un manque de soutien, mais il a ensuite adouci son ton, se disant « reconnaissant » des efforts de médiation du Premier ministre Naftali Bennett.

L’équipe du Times of Israël a contribué à cet article.

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