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Israël célèbre son 76e Yom HaAtsmaout avec une cérémonie d’Etat sobre

L'allumage des flambeaux a été préenregistré, pour éviter que Netanyahu et d'autres ministres ne soient chahutés comme ils l’ont été aux cérémonies de Yom HaZikaron

Cette année, la cérémonie annuelle de Yom HaAtsmaout a été préenregistrée, sans public au mont Herzl à Jérusalem, le 13 mai 2024. (Crédit : Capture d’écran/Vidéo)
Cette année, la cérémonie annuelle de Yom HaAtsmaout a été préenregistrée, sans public au mont Herzl à Jérusalem, le 13 mai 2024. (Crédit : Capture d’écran/Vidéo)

La cérémonie annuelle d’allumage des flambeaux a été diffusée lundi soir dans un format atypique, préenregistré pour la première fois, alors que le pays commençait à marquer un triste 76e Jour de l’Indépendance, le premier depuis le massacre terroriste du Hamas du 7 octobre dans le sud d’Israël.

À l’exception d’un message enregistré séparément par le Premier ministre Benjamin Netanyahu, un discours énergique et émouvant projeté sur des images historiques et accompagné d’une musique patriotique qui ne cadrait pas avec le déroulement de la cérémonie, le ton est resté sombre tout au long de celle-ci. Le contraste était saisissant avec les années précédentes, où la célébration sur le mont Herzl est l’occasion de réunir des centaines d’Israéliens brandissant des drapeaux, pour des festivités ponctuées de danses et de spectacles exceptionnels, ainsi que de feux d’artifice.

L’événement est habituellement retransmis en direct, mais cette année, les organisateurs du gouvernement ont décidé de le filmer à l’avance, pour des raisons de sécurité, mais aussi parce qu’ils voulaient éviter que les ministres, et notamment Netanyahu, ne soient chahutés comme ils l’ont été lors de nombreuses cérémonies de Yom HaZikaron quelques heures plus tôt. Jusqu’à récemment, il n’était pas coutume que le Premier ministre prenne la parole lors de la cérémonie d’État, traditionnellement considérée comme un événement apolitique, marquant la transition entre Yom Hazikaron et Yom HaAtsmaout, et orchestrée par le président de la Knesset.

La cérémonie d’allumage des flambeaux s’est déroulée sous les protestations de ceux qui considèrent que le gouvernement aurait dû s’abstenir d’organiser un événement d’une telle ampleur, sept mois seulement après le plus grand massacre d’Israéliens de l’histoire du pays, et ce sous son mandat, alors que les troupes de Tsahal se trouvent toujours à Gaza et que des dizaines de milliers d’Israéliens, du nord comme du sud, sont toujours déplacés à l’intérieur de leur pays. Le 7 octobre, près de 1 200 personnes ont été assassinées et 252 prises en otage lors de l’assaut mené par le groupe terroriste palestinien du Hamas qui a déclenché la guerre actuelle. (Cent vingt-huit des otages sont toujours détenus à Gaza, et au moins 36 d’entre eux sont morts).

Parmi les voix les plus fortes qui se sont élevées contre la tenue de la cérémonie traditionnelle, figuraient certains des proches des otages et des familles qui ont perdu des êtres chers ou qui ont été arrachées de leur foyer en raison des combats à Gaza et à la frontière libanaise.

Certains d’entre eux ont dirigé une cérémonie alternative « d’extinction des flambeaux » dans un amphithéâtre de Binyamina, à laquelle ont assisté environ 1 000 Israéliens, dont beaucoup portaient des pancartes proclamant « Pas d’otages, pas de Yom HaAtsmaout ». Quelque 100 000 autres personnes se sont jointes à d’autres familles d’otages pour marquer le début de Yom HaAtsmaout, lors d’un rassemblement tout aussi sombre sur la place des otages de Tel Aviv.

Le président de la Knesset, Amir Ohana, a pris la parole lors de cette cérémonie préenregistrée. Il a adressé un message aux 132 otages encore détenus à Gaza (dont quatre qui s’y trouvent depuis avant la guerre).

« L’État d’Israël n’était pas là le 7 octobre dans toute sa force et sa puissance comme nous l’espérions tous, mais il a travaillé depuis chaque jour pour vous ramener chez vous, auprès de vos familles », a dit Ohana, ajoutant que  » qui servent au sein de toutes les forces de sécurité de l’État d’Israël se battent sans relâche pour votre libération ».

« Tous les Israéliens attendent avec impatience votre retour. Toutes les synagogues d’Israël et de la diaspora prient pour que vous soyez en paix. Nous ne désespérerons pas et nous n’abandonnerons pas – s’il vous plaît, ne perdez pas espoir », a-t-il lancé.

Abordant la situation politique actuelle, Ohana a noté que la dernière fois que la cérémonie de Yom HaAtsmaout s’était déroulée sans public, c’était en 2020. Cette année encore, les Israéliens sont confrontés à une autre pandémie, a affirmé Ohana. « Le fléau des conflits, de la polarisation et du sectarisme. »

Le porte-parole de la Knesset a prêché la nécessité de l’unité interne à un moment où Israël est confronté à des menaces extérieures aussi graves. « Nous devrons moins crier et écouter davantage, même nos opposants politiques. Ceux-là aussi ont prouvé qu’ils étaient prêts à sacrifier leur vie pour le bien de l’État juif et démocratique d’Israël. »

Les propos d’Ohana interviennent après un différend entre lui et la ministre des Transports Miri Regev, qui menaçait de perturber la cérémonie déjà incertaine. Regev, traditionnellement chargée d’organiser la cérémonie sous Netanyahu, aurait informé Ohana qu’il ne se verrait pas accorder l’honneur traditionnel de prendre la parole lors de l’événement.

En guise de représailles, il a enjoint à la garde de la Knesset de ne pas coopérer aux répétitions. La querelle a été résolue après une intervention de Netanyahu. Ohana a pris la parole et la Garde de la Knesset a participé à la cérémonie.

À la mémoire des otages

La cérémonie de Yom HaAtsmaout comprend traditionnellement une partie consacrée à l’allumage des flambeaux, au cours de laquelle 12 Israéliens désignés comme des citoyens exemplaires sont choisis pour allumer un flambeau. Cette année, les participants ont été sélectionnés pour leur « héroïsme » le 7 octobre ou en relation avec cette date.

La cérémonie ayant été préenregistrée et montée, elle a pu se tenir en plusieurs endroits.

En amont de la cérémonie principale à Jérusalem, des flambeaux commémoratifs ont été allumés dans les communautés du sud, Kfar Aza, Hof Zikim, Sderot, Nahal Oz, et d’autres lieux particulièrement touchés par les attaques du 7 octobre.

L’un des flambeaux a été allumé au moshav Tekuma, à côté d’une pile géante de voitures brûlées et détruites sur l’autoroute lors de l’attaque du Hamas.

Lors de la cérémonie principale au mont Herzl, 44 porteurs de flambeaux ont allumé 12 flambeaux au nom des forces de sécurité, des équipes de sécurité bénévoles, des responsables médicaux, des citoyens héroïques, de la diaspora et d’autres encore.

Un écran partagé montre une cérémonie alternative de Yom HaAtsmaout « d’extinction des flambeaux » (à gauche) à Binyamina, tandis que le président de la Knesset Amir Ohana s’exprime lors d’une cérémonie officielle préenregistrée du 76e Jour de l’Indépendance de l’État (à droite), le 13 mai 2024 (Crédit : Capture d’écran/Treizième chaîne)

Le 12e flambeau a été allumé sans porteurs pour symboliser les otages de Gaza qui ne sont toujours pas rentrés chez eux.

Le flambeau des « forces de sécurité » a été allumé par des représentants de l’armée israélienne, du Shin Bet, du Mossad et de la police israélienne, dont le capitaine Shavit Ben Moshe, qui a combattu les terroristes le 7 octobre et dont le frère Moshe a été assassiné, et « Ayin », le chef de la division opérationnelle du Shin Bet, qui commandait une petite unité de forces spéciales le 7 octobre.

La torche des « Sauveurs » a été allumée par des civils qui ont agi avec courage pour sauver des vies le 7 octobre. Parmi les personnes choisies pour cet honneur figurent Youssef Elziadna, un chauffeur de minibus bédouin de Rahat qui a sauvé 30 personnes du festival Nova et dont un membre de la famille a été assassiné et quatre autres kidnappés ; et le rabbin Shahar Botzhek, d’Ofakim, qui a combattu les terroristes du Hamas même après avoir été blessé.

Nasreen Yousef, résidente de la communauté de Yated, à la frontière de Gaza, a renoncé à participer à l’événement parce que sa vie et celle de sa famille aurait fait l’objet de menaces, provenant apparemment de la communauté arabe.

Des membres des communautés touchées par le massacre du 7 octobre du Hamas dans le sud d’Israël allument des flambeaux marquant la transition de Yom HaZikaron à Yom HaAtsmaout, le 13 mai 2024. (Crédit : Capture d’écran ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Parmi ceux qui ont allumé le flambeau de « l’équipe de sécurité locale », Inbal Liberman du kibboutz Nir Am, qui, le matin du 7 octobre, a dirigé les membres de l’équipe de sécurité de son kibboutz pour tendre une embuscade aux terroristes qui arrivaient, sauvant ainsi de nombreuses vies.

Parmi ceux qui ont allumé le flambeau des « secouristes » figure Oshrit Hadad, une secouriste du Magen David Adom (MDA) qui a mis en place un hôpital de campagne à la frontière pour soigner des dizaines de personnes blessées lors de l’attaque du Hamas.

Le flambeau de la « hasbara » a été allumé par Yoseph Haddad, un influenceur arabe israélien qui défend ouvertement l’État d’Israël en ligne, et Ella Keinan, une autre influenceuse en ligne qui a inventé le hashtag #HamasIsISIS.

Ezra Yachin, 95 ans, le plus ancien réserviste en service actif de l’armée israélienne, a allumé un flambeau représentant la « victoire de l’esprit ».

Ancien membre de la milice clandestine Lehi avant l’État, qui s’est enrôlé à l’âge de 15 ans et a été blessé pendant la guerre d’indépendance, Yachin a repris l’uniforme après le 7 octobre pour partager son expérience avec les soldats actuels de Tsahal afin de remonter le moral des troupes.

Le discours de Netanyahu

Dans sa vidéo préenregistrée, Netanyahu a profité de l’occasion pour réitérer bon nombre des points de vue qu’il avait exprimés en temps de guerre sur sa détermination à vaincre le Hamas.

Si Israël peut se retrouver seul, comme lors de la Guerre d’Indépendance de 1948, son peuple dispose d’une arme secrète : « l’esprit d’un peuple ancien qui refuse de mourir ».

« Grâce à cet esprit, nous avons vaincu nos ennemis et assuré notre existence. Aujourd’hui, nous sommes infiniment plus forts », a affirmé Netanyahu dans une vidéo accompagnée d’une musique entraînante et d’un montage de séquences de l’histoire d’Israël, dont la guerre actuelle de Gaza, et des photos de lui-même et de son épouse Sara (le bureau du Premier ministre a également publié son discours avec des sous-titres en anglais, mais sans les séquences et la musique).

« Ce n’est pas un Yom HaAtsmaout ordinaire. La guerre continue », a-t-il déclaré, avant de s’engager à ramener les otages à leurs familles et à faire en sorte que les dizaines de milliers d’Israéliens qui ont été contraints d’évacuer leurs maisons le long des frontières nord et sud puissent également rentrer chez eux.

Un message pour la diaspora

S’adressant aux Juifs de la diaspora dans un message distinct, sans lien avec la cérémonie officielle, le président Isaac Herzog a déclaré que la 76e année d’Israël « a été marquée par d’énormes souffrances et pertes », non seulement pour les résidents de l’État juif « mais aussi pour les communautés juives du monde entier ».

Soulignant « l’ampleur choquante de la réémergence de l’antisémitisme sous tant de formes à travers le monde », Herzog a déclaré dans une vidéo publiée en ligne « qu’il ne fait aucun doute que cette année, nos célébrations de Yom HaAtsmaout sont différentes. »

Mais si les sept derniers mois ont été remplis de souffrances, ils ont « également été une période de réalisations importantes », a-t-il déclaré. « Ils nous ont rappelé comment nous nous sommes relevés de la tragédie et avons trouvé la force et la détermination nécessaires pour établir un foyer national magnifique et bien-aimé – le miracle qu’est l’État d’Israël. »

« Ils nous ont également rappelé nos qualités fondamentales, notre pouvoir en tant que peuple de nous dresser, encore et encore, contre la haine. Pour survivre et dire notre vérité. De notre souci profond et durable les uns des autres. De notre lien avec l’appel que nous avons porté à travers les âges : faire le bien, rechercher la paix, le tikkun olam, réparer notre monde fracturé », a-t-il dit.

Un survol bien différent

Il n’y a pas eu de feux d’artifice lors de la cérémonie nationale, ni dans nombre de municipalités qui ont organisé leurs propres cérémonies de Yom HaAtsmaout.

À Tel Aviv, les quelques événements prévus ont eu lieu dans des quartiers spécifiques, plutôt que dans le cadre d’un grand rassemblement municipal.

Des Israéliens assistent à un feu d’artifice lors des célébrations de Yom HaAstmaout, après plus d’un an de restrictions liées au coronavirus, à Tel Aviv, en Israël, le mercredi 14 avril 2021. (Crédit: AP Photo/Sebastian Scheiner)

À Jérusalem, la Cinémathèque a organisé mardi après-midi sa traditionnelle séance de chant et de quiz sur le cinéma israélien.

Alors que Tsahal a déclaré en mars que le survol de jour et la flottille de la marine n’auraient pas lieu en raison de la mobilisation des ressources pour l’effort de guerre, la Douzième chaîne a rapporté qu’une flottille quitterait tout de même Herzliya mardi matin.

Par ailleurs, le Forum des familles d’otages et de disparus a annoncé un survol spécial d’Herzliya mardi matin par neuf avions transportant des photos des 132 otages.

Le quiz biblique annuel devait également avoir lieu mardi, tout comme la cérémonie de remise du Prix Israël.

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