Israël en guerre - Jour 139

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Opinion

Israël implose et tous ceux qui pourraient le sauver ne font rien et se taisent

La loi du "caractère raisonnable" a été adoptée, la Knesset est en congé jusqu'en novembre, et après ? Il ne suffirait que de quatre sionistes patriotes ...

David est le fondateur et le rédacteur en chef du Times of Israel. Il était auparavant rédacteur en chef du Jerusalem Post et du Jerusalem Report. Il est l’auteur de « Un peu trop près de Dieu : les frissons et la panique d’une vie en Israël » (2000) et « Nature morte avec les poseurs de bombes : Israël à l’ère du terrorisme » (2004).

L'ancien premier ministre Ehud Olmert (en bas à droite) et une femme tenant une pancarte "Policier, ami, que dit la conscience ?" devant le poste de police de Shalma, à Tel Aviv, le 1er août 2023. (Crédit : @sha_b_p)
L'ancien premier ministre Ehud Olmert (en bas à droite) et une femme tenant une pancarte "Policier, ami, que dit la conscience ?" devant le poste de police de Shalma, à Tel Aviv, le 1er août 2023. (Crédit : @sha_b_p)

Les mots qui suivent ne suffisent pas à décrire ce qui se passe actuellement en Israël.

J’ai passé les sept mois d’existence de ce gouvernement jusqu’à ce jour (après avoir auparavant rédigé de nombreux avertissements au cours des mois précédents) à tenter d’expliquer le mal qu’il faisait à notre cher pays bien-aimé, à implorer le Premier ministre d’arrêter et d’essayer d’encourager ceux qui peuvent l’influencer à le faire. La terrible réalité prédite se concrétise aujourd’hui, aussi rapidement et dangereusement que dans mes écrits les plus sombres.

C’est comme si nous avions été pris en charge par une équipe de démolition masochiste et dérangée. Sauf que les suprémacistes juifs de la coalition savent exactement ce qu’ils font. Et le Premier ministre qui leur a donné les moyens d’agir est en train de dissimuler l’implosion d’Israël, attisant les flammes alors que le pays est déjà en train de brûler.

Manifestation contre la refonte judiciaire, à Tel Aviv, le 29 juillet 2023. (Crédit : Amir Goldstein)

Les Israéliens ont été montés les uns contre les autres. Nos ennemis sont enhardis, nos alliés déconcertés et horrifiés. L’économie s’effondre. L’armée est déchirée.

Les forces de police sont poussées à recourir à davantage de violence contre les manifestants par un voyou de ministre qui travaille assidûment à l’éviction et à la mise à l’écart des commandants dissidents. Les généraux de Tsahal, qui tentent de contrer le terrorisme et d’empêcher la violence croissante des résidents d’implantations extrémistes, sont dénoncés par des politiciens radicaux. Sur une chaîne de télévision de droite, un intervenant a même appelé à la libération de l’assassin de notre ancien Premier ministre et certains spectateurs ont applaudi.

Des pilotes réservistes préfèrent ne plus se présenter au service volontaire. D’innombrables anciens chefs de Tsahal, [de l’agence de sécurité intérieure] du Shin Bet, [de l’agence de renseignement] du Mossad et de la police tirent la sonnette d’alarme. Des sondages, des preuves anecdotiques et quelques données concrètes indiquent que certains Israéliens se préparent à partir et que d’autres transfèrent leur argent hors du pays.

Et à la tête d’un gouvernement apparemment bien déterminé à transformer notre démocratie florissante du monde occidental en une autocratie insoutenable du tiers-monde, se trouve un homme apparemment insensible à presque tout, y compris à sa propre mortalité et à son propre héritage, sans parler du destin de la nation. Un homme qui nous dit que la contraction économique qu’il impulse est en fait une croissance, qui nous rappelle que « nous sommes tous frères » avec « un seul pays » alors qu’il sème cyniquement la division, et qui affirme enfin que le suprémacisme juif qu’il encourage et le pouvoir quasi-absolu qu’il recherche constituent le renforcement de ce qui était autrefois notre démocratie libérale.

À la lisière de la foule lors de la manifestation pro-démocratie de samedi soir à Jérusalem, un jeune Israélien se tenait debout avec une pancarte qui disait : « Je suis sur le point d’être appelé sous les drapeaux. Que dois-je faire ? Pouvez-vous me conseiller ? » Quelques personnes se sont arrêtées pour lui prodiguer des conseils. Beaucoup d’autres ont lu la pancarte, ont soupiré ou se sont pincées les lèvres, et ont continué leur chemin – ne sachant apparemment pas quoi lui conseiller.

La Knesset a fermé ses portes lundi pour ses congés d’été, le mal étant déjà fait.

Il aurait suffi de quatre sionistes patriotes issus des rangs de la coalition pour empêcher l’adoption de la loi du « caractère raisonnable », l’acte déterminant de cette session parlementaire, la première étape de la marche du gouvernement vers l’étouffement du pouvoir judiciaire.

Mais alors que l’ancien président du Likud, le député Yuli Edelstein, a pathétiquement reconnu samedi qu’il « s’est peut-être un peu endormi alors qu’il était de garde », et que plusieurs autres collègues du parti laissent entendre un certain malaise face à l’adoption de la loi et émettent de vagues professions de foi quant à leur volonté de résister aux prochaines étapes de la refonte, le fait est que lorsque le vote s’est déroulé, les 64 membres de la coalition l’ont docilement approuvée.

Avi Dichter [ministre de l’Agriculture et du Développement rural] – qui a dirigé l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet pendant les années terribles où Israël a combattu et finalement déjoué la Seconde Intifada, mais qui semble s’être transformé en véritable politicien dans le pire sens du terme (notamment en se présentant comme candidat pour remplacer son collègue du Likud, Yoav Gallant, lorsque le ministre de la Défense s’est publiquement opposé à la refonte éclaire en mars) – affirme ne pas comprendre pourquoi tout ce remue-ménage est nécessaire.

« La session de la Knesset est terminée et la seule loi du paquet de réformes qui a été adoptée était ‘raisonnable' », a-t-il déclaré avec complaisance lors d’une interview télévisée en début de semaine, reconnaissant un certain degré de « brutalité » dans la manière dont elle a été adoptée par le Parlement, mais tout en estimant que les principaux voyous sont les manifestants « extrémistes et violents » qui ont protesté contre la loi dans les rues.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, quelques jours après que son gouvernement a adopté la loi controversée sur la « raisonnabilité », s’entretenant avec Wolf Blitzer de CNN, dans une interview diffusée le 27 juillet 2023. (Crédit : Capture d’écran CNN ; utilisée conformément à la clause 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Dichter ne faisait que colporter le récit de Netanyahu, tel qu’il est exposé par le Premier ministre dans une série apparemment sans fin d’interviews accordés à la télévision américaine (alors qu’il refuse de parler aux médias indépendants pour des interviews dans le pays qu’il dirige et dans la langue de ses concitoyens). Netanyahu a déclaré à CNN, NPR, et NBC entre autres que la loi du « caractère raisonnable » – qui interdit catégoriquement le réexamen judiciaire des décisions gouvernementales et ministérielles sur la base de leur « raisonnabilité » – est à la fois mineure et essentielle, et que ceux qui la considèrent comme une étape vers la ruine de la démocratie israélienne sont des alarmistes « idiots« .

Mais dans ces mêmes interviews, celui qui s’est autoproclamé défenseur de la démocratie a refusé à maintes reprises de promettre qu’il respecterait une décision de la Haute Cour d’invalider la loi si une telle décision était prise. Et, dans une tentative flagrante d’intimider les juges avant qu’ils n’entendent les recours contre la loi en septembre, il a malhonnêtement averti qu’une telle décision « serait, en termes américains, comme si la Cour suprême des Etats-Unis, qui est chargée de maintenir la Constitution, annulait un amendement constitutionnel comme étant inconstitutionnel ».

En réalité, alors que les amendements à la Constitution américaine doivent être adoptés par un vote des deux tiers de la Chambre et du Sénat, la loi du « caractère raisonnable » a été promulguée sur la base d’un vote à la majorité simple dans l’unique chambre parlementaire d’Israël, contrôlée par la coalition. Malgré son titre pompeux d’amendement à la « Loi fondamentale », la loi sur le pouvoir judiciaire a été adoptée à la majorité simple par la seule chambre parlementaire israélienne contrôlée par la coalition : Le pouvoir judiciaire, comme la plupart des Lois fondamentales israéliennes, elle n’a pas nécessité de super-majorité ou d’autre approbation.

En outre, étant donné que les juges israéliens sont le seul frein fiable au pouvoir de la coalition – parce qu’Israël n’a pas de constitution, de déclaration des droits, de seconde chambre législative ni toute autre protection garantie pour les droits fondamentaux de son peuple – aucune atteinte à l’indépendance et à la capacité de contrôle de la Cour ne peut être considérée comme mineure, et encore moins lorsqu’elle est légiférée en dépit des objections de l’ensemble de l’opposition.

Ce qui est encore plus inquiétant, cependant, malgré le discours léger de Dichter sur l’adoption d’une seule loi jusqu’à présent et les déclarations vides de sens de Netanyahu sur le renforcement de la démocratie, c’est que d’autres mesures, bien pires, se profilent clairement à l’horizon.

La pièce maîtresse de la législation, qui vise à remodeler la commission de sélection des juges et à donner à la coalition un contrôle quasi-absolu sur les nominations judiciaires, est déjà prête pour ses dernières lectures à la Knesset. D’autres lois de refonte annoncées empêcheront radicalement ce futur pouvoir judiciaire politisé d’annuler des lois anti-démocratiques et abusives, même s’il le souhaite. Et (comme je n’ai de cesse de l’écrire) les projets de loi déjà soumis pour une éventuelle adoption future cherchent à tout faire : légaliser la discrimination fondée sur les croyances religieuses, annexer des parties ou la totalité de la Cisjordanie sans droits égaux pour les Palestiniens, restreindre les médias, restreindre les droits des femmes, exempter les ultra-orthodoxes du service militaire national, affaiblir la procureure générale et donner à la coalition le droit d’interdire les partis politiques rivaux.

Les députés de la coalition autour du ministre de la Justice Yariv Levin pour prendre un selfie de célébration dans le plénum de la Knesset, après l’adoption de la première loi de refonte judiciaire de la coalition, le 24 juillet 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Et tandis qu’Edelstein et cette poignée de potentiels « rebelles » (qui blanchiraient probablement à l’évocation de ce mot) appellent à un véritable effort pour forger un consensus sur toute future réforme judiciaire, l’homme à surveiller est le fer de lance de la refonte, qui a été investi par Netanyahu, son successeur potentiel, le ministre de la Justice, Yariv Levin.

Dans les minutes qui ont précédé l’adoption de la loi du « caractère raisonnable », Levin a balayé les appels désespérés de Gallant en faveur d’un compromis. Dans une brève allocution prononcée immédiatement après l’adoption de la loi, Levin s’est efforcé de répéter qu’il s’agissait simplement d’un « premier pas » dans sa marche pour « corriger le système judiciaire ». Mais le plus révélateur, c’est que Levin – prétendument partisan d’un système judiciaire plus diversifié et plus efficace – refuse de convoquer la commission de sélection des juges existant, qui ne s’est pas réunie depuis plus d’un an, et retarde ainsi la nomination de dizaines de juges dont le système judiciaire, surchargé, a désespérément besoin. (La Haute Cour entendra bientôt les recours sur ce manquement insoutenable à une gouvernance responsable).

Pourquoi ce retard ? Parce que Levin a bien l’intention de faire adopter sa loi sur le remaniement de la sélection des juges – un autre amendement à la Loi fondamentale : Le pouvoir judiciaire – et donc de choisir les juges et les magistrats qu’il souhaite lors de la prochaine réunion de la commission.

Netanyahu a montré, en choisissant de ne pas intervenir au nom de Gallant dans les dernières minutes avant le vote sur la loi du « caractère raisonnable », qu’il se contentait de laisser Levin poursuivre l’assaut contre le système judiciaire. Nous avons vu le Premier ministre, pendant certaines parties du face-à-face Gallant-Levin, s’asseoir silencieusement entre eux, choisissant de ne pas soutenir son ministre de la Défense, qui avait essayé de souligner les dégâts de plus en plus importants causés à la cohésion militaire par le désaccord sur la refonte.

Grâce aux spécialistes de la lecture sur les lèvres de la Douzième chaîne, nous savons maintenant que, pendant le débat fatidique, le Premier ministre a eu une conversation de fond avec Gallant – au sujet de sa propre santé physique. Faisant référence à sa précipitation à l’hôpital deux jours plus tôt, lorsque ses médecins ont déclaré qu’il souffrait d’un « bloc cardiaque transitoire » potentiellement mortel, Netanyahu a dit à Gallant : « Il n’y a rien à faire. Si on n’arrive pas à l’hôpital en quelques minutes, on est mort. »

Il n’a pas semblé particulièrement ébranlé, et encore moins désemparé, lorsqu’il a raconté son très récent face-à-face avec sa propre mortalité.

En effet, hier comme aujourd’hui, il ne semble ni ébranlé ni perturbé – pas plus par ses problèmes de santé, que par la frénésie nationale que lui et sa coalition ne cessent d’attiser.

Alors que Tsahal avertit que l’état de préparation opérationnelle de l’armée sera de plus en plus compromis si les principaux réservistes mettent à exécution leur menace de ne plus se présenter à leur travail volontaire, et qu’un général de haut rang a précisé lundi aux députés que les ennemis d’Israël pensent que le pays est plus vulnérable en raison de la « désintégration interne » de sa société, Netanyahu a soutenu mardi que Tsahal reste forte et « pleinement compétente ». Alors que les dernières données font état d’une baisse considérable des investissements dans le secteur de la high-tech, Netanyahu a déclaré que l’économie était également robuste. Le directeur-général du ministère de la Santé supplie les médecins de ne pas quitter le pays, les agences de notation émettent des rapports négatifs, l’ancien gouverneur de la Banque centrale d’Israël l’implore d’arrêter cette folie, 28 % de la population s’interroge sur la possibilité d’une délocalisation, mais le Premier ministre reste  imperturbable.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu donnant un briefing sur la ligne de train nord-sud du gouvernement, le 30 juillet 2023. (Crédit : Haïm Zach/GPO)

Il a passé une heure entière avec trois collègues de la coalition dans un hôtel de Jérusalem dimanche après-midi à donner une séance d’information diffusée via Facebook – qui n’a été regardée par presque personne – au cours de laquelle il a qualifié de « crucial » – pour la société, la sécurité et l’économie d’Israël – un projet grandiose de 27 milliards de dollars pour construire un système transnational de train, de Kiryat Shimona à Eilat, avec une liaison possible vers la péninsule arabique – un plan qui a été soulevé et rejeté à de nombreuses reprises au cours des dernières années, qui n’a pas de financement clair, et qui ne sera presque certainement pas construit cette fois-ci non plus. Pendant ce temps, nos forces de police de plus en plus musclées tenaient à distance les manifestants opposés à la refonte, trois policières ayant été filmées en train de pousser et de tirer par ses cheveux argentés une manifestante particulièrement récalcitrante portant un drapeau.

L’intervention de plus en plus musclée de la police devient en effet une caractéristique familière de la lutte pour et contre la démocratie, avec des incidents de plus en plus nombreux de brutalité policière, aggravés par une nouvelle tactique de la police consistant à convoquer à plusieurs reprises pour interrogatoire les personnes qu’elle a brutalement arrêtées en premier lieu.

Amitaï Aboudi devant le poste de police de Jaffa, après avoir été libéré d’une troisième série d’interrogatoires, le 1er août 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Mardi, le processus surréaliste a connu un nouveau cycle, lorsqu’un jeune manifestant, battu lors de son arrestation la semaine dernière et déjà convoqué une fois de plus pour être interrogé, a été à nouveau convoqué – après que ses parents ont déposé une plainte contre l’un des officiers ayant procédé à l’arrestation. Pendant qu’il subissait son troisième interrogatoire, plusieurs autres manifestants, qui s’étaient rassemblés devant le poste de police pour exiger sa libération, ont également été arrêtés, non pas pour un motif aussi subversif que le blocage de la chaussée, mais pour avoir fait trop de bruit. Tous ont finalement été relâchés.

Mercredi, dans un nouveau rebondissement surréaliste, le policier, qui n’est autre que le chef de l’unité spéciale Yasam et qui l’aurait frappé a été convoqué pour un interrogatoire avec plusieurs autres officiers présumés violents par la Division des enquêtes internes de la police, et c’était au tour de leurs collègues en uniforme de manifester leur solidarité à l’extérieur. Ces flics protestataires ont effectivement empêché le bon déroulement de la circulation ; à l’heure où nous écrivons ces lignes, aucun d’entre eux n’avait été arrêté.

Yair Hanuna arrivant pour un interrogatoire au Département des enquêtes internes de la police (PIID) du ministère de la Justice, à Tel Aviv, le 2 août 2023. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Si certains membres de la coalition espéraient que les manifestations publiques de masse s’estomperaient après l’adoption de la loi du « caractère raisonnable », ils se sont lourdement trompés. Les protestations se lénifieront peut-être légèrement au cours de l’été – étant donné que la Knesset est en congés – mais avec les étudiants et les vétérans de l’armée au premier plan, il est peu probable qu’elles se dissipent de manière significative. En attendant, l’économie ne va pas se redresser, la fracture au sein de l’armée ne va pas se résorber et la majorité des Israéliens qui se sont toujours opposés au gouvernement ou qui en sont devenus horrifiés ne retrouveront pas leur confiance tant que la coalition n’abandonnera pas son programme de destruction judiciaire unilatérale.

Mais si beaucoup ont comparé ce que Netanyahu a déclenché en Israël aux détériorations démocratiques en Pologne et en Hongrie, et aux divisions toxiques aux États-Unis, le fait est qu’Israël ne peut pas s’offrir le luxe de se déchirer. Ses ennemis n’en croient pas leurs yeux et on peut compter sur eux pour tenter d’exploiter cette opportunité.

Ainsi, avec un Netanyahu inflexible et imperturbable, et un Levin inaccessible, nous retournons à la chasse aux quatre sionistes patriotes ou plus au sein de la coalition – quatre hommes et femmes ou plus pour voter contre les prochaines salves législatives, ou au moins huit pour s’abstenir, et ainsi priver le gouvernement de la majorité avec laquelle il a l’intention de faire encore plus de ravages.

Dans le désordre, Yuli Edelstein, Yoav Gallant, David Bitan, Eli Dellal, Gila Gamliel, Ofir Akunis, Nir Barkat, Danny Danon et, oui, même Avi Dichter, ont tous fait tache dans leur cahier de notes du « on ne peut pas faire n’importe quoi » de Netanyahu, en suggérant, même subtilement, que tout n’est peut-être pas géré comme il se doit dans le royaume. Ils ne seront pas facilement pardonnés si Netanyahu, Levin, Bezalel Smotrich, Itamar Ben Gvir, et Simcha Rothman entre autres continuent à faire ce qu’ils veulent. Or, Netanyahu, Levin, Smotrich, Ben Gvir, Rothman et consorts ne peuvent continuer à agir à leur guise qu’avec leur soutien.

En revanche, s’ils se découvraient une colonne vertébrale collective, ils pourraient sauver la nation. Ils pourraient commencer par s’associer à l’opposition pour renverser la loi du « caractère raisonnable ». Contrairement à la Constitution américaine, la modification ou la suppression d’une Loi fondamentale en Israël ne nécessite qu’un vote à la majorité simple dans notre unique chambre parlementaire.

C’est tout à fait improbable ? Pardonnez-moi, mais avec Netanyahu qui prétend rechercher le consensus alors même qu’il a fixé une date butoir en novembre pour que l’opposition accepte des conditions qu’il juge acceptables, les dirigeants de l’opposition Yaïr Lapid et Benny Gantz ont été rabroués et dont les propos ont été déformés par Netanyahu lorsqu’ils ont cherché par intermittence à relancer les pourparlers sous l’égide du président sur une véritable refonte du système judiciaire. Les tentatives du président Isaac Herzog pour établir un consensus ont été rejetées, et Gallant a été ignoré lorsqu’il agissait seul. J’ai épuisé les scénarii les plus « réalistes », et ce pays que nous aimons et dont nous avons besoin est en train de se déchirer sous nos yeux.

Un canon à eau de la police visant directement un manifestant anti-refonte tenant un drapeau israélien tout en étant assis sur un mur alors que la coalition a adopté la loi du « caractère raisonnabilité », au bord de la Route Begin, à Jérusalem, le 24 juillet. (Crédit : Capture d’écran Twitter Dror Havlana ; utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur le droit d’auteur)

Je vous laisse avec cette photo ci dessus – encore une fois, parce que les mots me manquent. Un moment du Humpty Dumpty israélien, dans un pays que nous devons tout simplement reconstruire. Un homme assis avec un drapeau national israélien, sur un muret au bord de la Route Begin à Jérusalem, le lundi 24 juillet, alors que la coalition a adopté la loi du « caractère raisonnable ». Et la réponse de la police israélienne à sa présence.

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